vendredi, septembre 14, 2007

A la pêche aux moules, nous n'irons plus ...

Il nous a quitté dans la douleur de ceux dont la vie a cruellement accidenté le corps mais pas l'esprit. Avec lui , ce sont les dimanches après-midi de notre jeunesse qui s'éloignent, des sketches et des parodies inoubliables dans Le Petit Rapporteur, des envolées lyriques et carusoiennes , des Ecoles des Fans surgies d'un temps où l'argent et la gloire médiatique ne pourrissaient pas la lucarne télévisuelle. Il est parti rejoindre le bourru Jean Yanne et notre maître Pierre Desproges. Là haut, dépouillés de leur enveloppe charnelle j'entends déjà la joie et la déconne de leurs âmes. Jacques Martin faisait partie de ces références qui construisent notre humour, notre joie de vivre et ce sens de la dérision qu'il vaut mieux avoir pour vivre dans le monde qui est le nôtre,. Grand Jbeb d'honneur je te nomme , toi qui restera comme une source de bons mots et de potacheries.

Comme on dit dans le milieu the shooshoo must go on .

lundi, septembre 10, 2007

Amis jbebs,

Le post rugbystique de Shoo² (comme d'habitude, c'est du velours !) m'a donné une idée ("Ce soir il me vient une idée !", me suis-je dit l'autre jour, à la Sardou...) dont je vous livre le résultat, dans la série "C'est très con, mais ça me fait mââârer et c'est déjà ça de pris"...Bon, comme c'est une insertion d'une vidéo postée sur YouTube (homemade, je précise), je ne maîtrise pas encore la fonctionnalité et je ne garantis pas que tout va se passer correctement...



Finalement, il est pas si impressionnant, le Haka des All Blacks, surtout si on modifie légèrement la bande son...
On constate aussi que les Blacks cuvée 1979 ont une Choré un peu pataude...

MacBaud

vendredi, septembre 07, 2007

Terre d'Ovalie

Après un Eté que l’on peut aisément qualifier de pourri pour la majeure partie du pays, l’Automne sera ensoleillé par la sixième Coupe du Monde de Rugby qui se déroule du 7 septembre au 20 octobre 2007 dans notre beau pays.


La France va baigner dans la Culture Rugby comme la saucisse baigne dans le cassoulet, elle va se parer des couleurs tricolores Cet se découvrir une âme rugbystique, sensuelle et désirable comme un Dieu du Stade lascivement couché sur papier glacé. On va en manger du matin au soir du Guerrier néo zélandais avec son Haka en bandoulière, de l’Epilé décoloré français, du Wallaby australien, du Johnny Wilkinson, héros de la dernière édition, du Bok sud-africain, et spéciale dédicace à notre Jbeb exilé et à son beau-frère Nicholas, du Canuck canadien. L’Ovalie va s’inviter sur nos écrans et permettre à TF1 de nous abrutir avec des spots de pubs longs comme des autoroutes nord-américaines, c’est le prix à payer pour jouer dans la cour des grands événements planétaires

Ne nous trompons pas, cette conversion soudaine aux valeurs de l’Ovalie n’est pas d’une spontanéité folle. Le rugby se rapproche de plus en plus du Football en terme d’exposition médiatique ce qui fatalement induit plus d’argent , plus de strass et plus de paillettes sur les fessiers musclés des Adonis peroxydés. Le rugby amateur, ludique et provincial cède sa place au rugby professionnel, bodybuildé et international .

Les budgets des fédérations et des clubs ont enflé aussi vite que les panses des avants de première ligne se durcissaient et se musclaient sous le joug des appareils de musculation. Les physiques des joueurs actuels sont plus proches du Terminator que du leveur de coude de troisième mi-temps. Les joueurs de rugby de mon enfance, les Jean Luc Joinel, les Robert Paparemborde et autres Jean-Pierre Rives ne se touchaient pas l’entrejambe en jetant un regard ardent à l’objectif photographique. Ils sentaient la sueur, avaient les oreilles aplatis ou décollés selon le poste et ressortaient du terrain froissés et piétinés, valeureux grenadiers voltigeurs de champs de batailles gras et labourés. On savait envoyer le saucisson sans coup férir, sortir la boîte à gifles ou faire progresser une belle cocotte.

Ceux d’aujourd’hui sont des icônes glabres découvrant à nos yeux chastes et prudes leurs pectoraux défoliés et parfois leur saucisse de Toulouse ou d'ailleurs (certainement un ultime clin d’oeil au cassoulet des Anciens). La caricature est médiatiquement contrebalancée par l’irruption préhistorique du néanderthalien Sébastien Chabal surnommé l’homme des cavernes. Duquel Daniel Herrero, ancien entraîneur du RC Toulon, dit ‘Avec Chabal, nous sortons des éphèbes plus gays que gais du Stade français calibrés pour séduire la niaise et le benêt. C'est la revanche du poilu sur l’épilé. Chabal est rustique, on le met dans la caverne, au coeur de la mêlée. Joueur sacrificiel, il est le joker qu'on envoie en pleine bataille pour en renverser le cours. Tout un programme.

La popularité people du rugby a été amorcée par le célèbre Max Guazzini qui a force de trop fréquenter le show biz (il fut l’impresario du frère de Dalida avant d’être un des piliers de la station radio NRJ) est parvenu à faire porter des maillots roses à ses joueurs et à les faire parader comme de vulgaires Chippendales. Max la menace a du donner des conseils en capilliculture avancée à ses ouailles puisque la mèche blonde peroxydée faire flores chez les Rémy Martin et autres Dimitri Szarzewski.



Le calendrier "Les Dieux du Stade" mettant en scène les joueurs du Stade Français a grandement contribué à amener la gent féminine urbaine aux joies d’une bonne partie de maniement de vessie de porc. L’imagerie gay est ardemment convoquée dans ces calendriers qui se vendent comme des petits pains. Les joueurs du Stade Français ressemblent plus à Jeff Stryker qu’au pilier droit de la section paloise, promotion 1964. Pour avoir parcouru avec la rigueur professionnelle qui est la mienne le dernier portfolio des Dieux du Stade on trouvera équivoques les positions de certains joueurs penchés en avant, jouant de leur croupe façon encart central de Playgirl ou Honcho. Prenant au pied de la lettre le terme "groupé pénétrant" appelé aussi (demi) maul (exploitable) ou bien le terme "progresser dans l'axe profond", ces apollons hédonistes se frottent l’épiderme en bande ( !) de deux ou trois dans les vestiaires. Cela me rappelle l’excellente chanson de Clarika intitulé «Les garçons dans les vestiaires» dont le refrain était :

Ah, les garçons dans les vestiaires
Les garçons ont dit-on
Des mœurs singulières
Dans les vestiaires
Ils porteraient sur les hanches
Des serviettes qui quand ils penchent
Laissent entrevoir dans les vapeurs
L'objet du délit prometteur
Ah, les garçons dans les vestiaires, ah

On remarquera à l’examen des photos du calendrier, que le jeune Frédéric Michalak n’a besoin que d’une main pour cacher l’objet du délit prometteur quand d’autres usent de toute la longueur du ballon ovale pour dissimuler leur matériel. La nature est capricieuse pour certains.


Les manieurs de béchigue de 2007 font de la réclame pour des hamburgers au lieu de vanter les vertus apaisantes d’un bon cassoulet made in Castelnaudary, ils se tartinent le visage de crème qui font la peau douce quand leurs aînés sortaient du match le maillot ensanglanté d’avoir côtoyé le tarbouif éclaté du voisin de mêlée. Autre temps autres mœurs me direz vous mais on peut quand même rester pantois sur la rugbyisation de la publicité quand elle va jusqu’à mettre en scène la star du football Zinedine Zidane porté en hauteur tel le nouveau Fabien Pelous ou au cœur d’une mêlée de figurants, tout ça pour vendre les mobiles de Mr Orange.




J’avoue benoîtement ne pas posséder une forte culture rugbystique (on tâte peu de l’ovale dans le Nord!).Cependant, mes souvenir de matches du Tournoi des 5 nations (oui à l’époque les Italiens se contentaient de jouer au foot) sont constellés des rugueuses poussées des Gros de l'époque, le pilier palois Robert Paparemborde et son homologue de première ligne le tarbais Philippe Dintrans, du casque d’Or et du visage tuméfié d’un Jean–Pierre Rives, capitaine et porte drapeau de ces Bleus qui s’en allèrent gagner sur les terres néo zélandaises un 14 juillet 1979.

J’ai encore le souvenir de la prestance d’un Jean Michel Aguirre (natif de Bagnères de Bigorre) qui portait beau et shootait costaud, de la vision de jeu du demi de mêlée farfadet Jérôme Gallion et des zig zag du Petit Prince Didier Codorniou. Tous ces souvenirs nimbés des commentaires forcement chauvins de Mr Roger Couderc et sa faconde toute Gascogne, accompagné par le jeune journaliste Pierre Salviac qui deviendrait son successeur.

S’en suivèrent les exploits des Bleus lors de la première Coupe du Monde de rugby en Nouvelle Zélande en 1987, les commentaires de Pierre Albaladejo, les chevauchées d’un Patrice Lagisquet surnommé le TGV, la moumoute de Didier Cambérabero, l’incomparable Philippe Sella et bien sûr le Pelé du rugby et son essai d’anthologie contre les Australiens en demi finale de la première coupe du monde, Serge Blanco himself.




Les Jbebs aiment le rugby et plus précisément les mots du rugby. Il est assez naturel pour un Jbebs de prendre un fort accent tarnais imitant le sélectionneur français Bernard Laporte, futur Secrétaire d’Etat aux Sports. Avec cet accent chantant, le Jbeb devient percussif au niveau des avants, il va porter le cuir dans l’en-but adverse, il fait vivre le maul, il raffûte l’adversaire et sait jouer au prés. Enfin, il sera important devant l'ogre néo-zélandais de savoir enlever ses tongs au pied le l’Himalaya pour chausser ses souliers de randonnées.


Côté pratique sportive, les Jbebs sacrifient plus volontiers à un petit teuteu improvisé arguant de leur habilité à la roulette libanaise et à la reprise de volée kohkohienne qu’aux joies d’une partie de rugby ou certes l’embonpoint de certains membres permettraient de prendre place au cœur de la mêlée et ou d’autres useraient de leur passé de Carl Lewis costarmoricain pour dévaler le long de la touche, trois-quarts aile aux envolées lyriques et aux jambes de feu !. Chez nous donc pas de spécialistes de l'arrêt-buffet, point de virtuoses du drop-goal ou coup de pied tombé, mais quelques bons amateurs de packs ... de bières.

C’est un fait chez les Jbebs on est plutôt foot que rugby malgré l’assiduité de certains aux rencontres télévisées des samedis après midi, rencontres dont d’autres Jbebs ont longtemps été privé, la faute à ce magasins de sport où ils étaient enfermés , digérant difficilement un couscous merguez ou une copieuse assiette grecque (N.B. On ne pourra pas qualifier de "maul" l'action de jeu pour un individu jbeb de se vautrer sous une pile de survêtement pour s’adonner à une sieste réparatrice !!!).

Pour finir sur une note mêlant le rugby et la musique, une citation de Philippe Guillard dit La Guille (ancien trois-quarts aile du Racing Club de France, époque Nœud papillon rose) :

"Un mélomane, c’est pas forcément un gars qui aime les mêlées"

En vous remerciant.

ShooShoo