mardi, juin 05, 2007

Bring On The (Great) Night

(lâchement, je reprends et modifie un texte du blog vancouvérois...shame shame shame, shame on me. En même temps, il faut faire vivre le moooooooôôôôle jbébique...)

30 mai 2007. General Motors Place, Vancouver.
Il fait un temps splendide, nous nous hâtons donc lentement. Le temps de se téléporter, nous ratons donc la première partie, où Sting, toujours opportuniste, à réussi à imposer Fiction Plane, le groupe de son fils ainé Joe. En même temps, il fait bien chaud et ça sent déjà le fauve dans la salle...

La salle justement, 20000 personnes, type POPB. Beaucoup plus petit que les stades que le groupe va remplir cet été, sans même parler d'un double Stade de France à la rentrée...



Mauvaise surprise, nous sommes assis tout en haut des gradins, sur le côté de la scène. Bon... avantage, personne ne nous filera des coups de genoux dans le dos.
20h45, le groupe est supposé entrer sur scène à 21h, et on se déshydrate. Je pars en mission expéditive bière, à la fraîche. Mal m'en prend puisque les lumières s'éteignent et le concert débute avec 10 minutes sur l'horaire prévu.
Police envoie le bouzin d'entrée avec Andy Summers faisant chauffer l'arpège saturé de "Message In a Bottle", histoire de pas tourner autour du pot. Temps de réaction très net, c'est net, les djeunz et les moins djeunz vancouvérois connaissent la chanson et sont chauds comme des baraques à frites !


Sting a mis son Marcel à 30.000; l'homme qui fait rêver les ménagères de moins de... 64 ans n'a en revanche rien perdu de sa voix. C'est tant mieux, car euh... imaginez un peu un "Roxanne" avec la voix de Vincent Delerm, ça le fait moyen. Il n'a d'ailleurs jamais cessé de reprendre quelques rengaines de Police pendant toute sa carrière solo, donc il n'est pas totalement dépaysé. E n revanche, les deux autres compères, sevrés de concerts de ce genre depuis 25 ans , semblent prendre leur pied. Stewart Copeland, avec ses faux-airs de Patrick Topaloff sous amphet's, rappelle à tout ce beau monde pourquoi il est une des références et inspirations de toute une générations de batteurs : précis, sec, délié, syncopé, original... c'est une empreinte incontournable du "son" de Police.
Pour continuer le jeu de ressemblances, le plus pépère Andy Summers a quant à lui avalé le gars Bruno Lochet. Un peu emprunté à l'allumage, il se déride au fur et à mesure.

Les 3 larrons se lancent des coups d'oeil complices pendant les premiers titres, comme des gamins contents de leur mauvais coup. Certes, cette tournée, c'est un paquet d'oseille. Certes, il n'y a rien de nouveau sous le soleil. Certes, les mêmes se mettaient sur la tronche régulièrement il y a de cela 25 ans tant ils avaient du mal à se blairer. Certes, dans quelques mois ils seront certainement moins frais.


En attendant, ce soir là, pour leur deuxième concert de la tournée, ils s'éclatent. Et les voir se prendre les pieds dans le tapis particulièrement casse-gueule de leur deuxième chanson de la soirée "Spirits In a Material World", fait plaisir : ils n'en sont que plus humains. Quel bonheur d'ailleurs de constater qu'il n'y a pas rien qui dépasse : juste un bon vieux "power trio" à l'ancienne, dépourvu de tout l'accastillage moderne des effets spéciaux , des frous-frous d'une déco kitsch, des chorégraphies pré-digérées de chipstas sans âme; de tétra-chiées de choristes. The Police se présente sans synthé, sans artifices. Chic et de bon goût. Classique. "Classieux" aurait ajouté le père Gainsbarre. Les pisse-froids bouderont leur plaisir en notant que certains effets de style tombent un peu à plat. A vouloir apporter quelques touches de nouveauté, quelques titres peuvent surprendre. Mais c'est chipoter : si c'est pour écouter les versions albums, autant allumer son Ipod. Pour le reste, Police déroule : avec assez de morceaux cultes bien envoyés pour faire passer une excellente soirée, avec, en bonus un parfum de presque inédit (25 ans après) qui pourra faire dire aux 20.000 heureux élus : j'y étais !!