mardi, novembre 28, 2006

Un jour, une chanson…Volume 1

Bon, le concept de cette nouvelle série venant d’être précisé avec force détails, je ne perds pas plus de temps : place au premier morceau, qui se trouve, tant qu’à faire, être aussi mon premier souvenir musical…

Plantons le décor : nous sommes à peu près en 1978, j’ai dans les 6 ans…L’action se passe au 14, rue de Picardie, à St Brieuc (département 22, qui s’appelait encore à l’époque les Côtes du Nord), dans la salle de séjour de notre maison familiale. Ça doit être le week-end, on doit être au printemps, la porte-fenêtre ouverte donnant sur un petit jardin en friche.

Je suis installé là, tranquille, plongé dans la lecture forcément passionnante d’un bon vieux Bibliothèque Rose, en l’occurrence un des bouquins de la série Poly (en 2 mots, pour ceux qui n’auraient pas eu la chance de connaître…Il s’agit des aventures gentillettes d’une sorte de poney polisson qui vit des aventures absolument débridées (!!!) avec des petits nenfants tout mignons…Comment ça, c’est carrément cul-cul ? Le premier qui ose répéter ça, il se mange une claque dans son gueule [à dire avec un accent portugais assez véhément, c’est plus drôle]…). Bref, je suis captivé, c’est génial…En plus et surtout, dans cet épisode, il est question d’un père que ses 2 enfants croyaient disparu et qui refait surface, à la faveur d’un suspense digne de Prison Break (à l’échelle de mes 6 ans, c’est à peu près ça…) ! Ta da !!!

Au moment où on est au summum du climax de THE scène des retrouvailles, il se trouve que résonne dans le salon de mes parents le morceau qui fait l’objet de cet article (ahhhh, enfin !) : The boxer, de Simon & Garfunkel…Je pense que vous aurez compris que, pour que je prenne du temps pour vous raconter tout ça, près de 30 ans plus tard, c’est qu’il s’est passé quelque chose, du genre quelque chose de fort…Eh bien oui, c’est tout juste l’émotion de la situation combinée très exactement à l’émotion nostalgique dégagée par cette chanson, qui m’ont occasionné une bouffée de quelque chose d’assez difficile à analyser à l’époque, cette réaction chimique étonnante, ce souvenir quasi intact, tant d’années après…

Evidemment, je ne vais pas essayer de vous convaincre que cette scène des retrouvailles à la Poly style était objectivement un monument d’émotion, en revanche j’ai plus d’arguments concernant la chanson : évidemment, ce n’est pas le texte qui m’a touché à l’époque, mais si on s’y arrête 2 secondes, l’histoire de ce gamin qui quitte son foyer pour trouver un petit boulot à New-York, qui se retrouve « In the quiet of the railway station, Running scared, laying low », avec uniquement les putes de la 7e avenue pour lui adresser la parole, et qui n’a rapidement de cesse que de rentrer chez lui, « Where the New York city winters aren't bleeding me, Leading me, Going home », cette histoire a une dimension nostalgique et un côté universel auxquels il est difficile de rester insensible…

Musicalement, ça enfonce le clou : à la délicatesse des arrangements acoustiques se rajoute ces harmonies vocales célestes (nous y voilà…) entre le petit brun rablé (Simon) et le grand rouquin dégingandé (Garfunkel), qui nous offrent une sorte de perfection vocale dans le genre, l’air de ne pas y toucher…Quant à la fin, là ça décolle carrément : on passe en mode mineur, sur des « Laï la laï, laï la laï, laï laï la laï » en boucle, agrémentés de bruits de tonnerre du meilleur effet (pourquoi ? mystère…). Si on ajoute à ça quelques cuivres, percus et cordes placés exactement où il faut et comment il faut, on a fait le tour d’un morceau patrimonial, du genre de ceux qui traversent les années/décennies/siècles et qui « parlent » aux gens, et notamment à moi, en ce jour de 1978…

Je me suis d’ailleurs aperçu, au fil de mes différents side projects musicaux, que ce morceau faisait partie des quelques uns qui marchaient à tous les coups et qui déclenchaient systématiquement le même genre de sourires dans le public…J’ai encore pu le constater ces derniers week-ends, alors que j’ambiançais du touriste sur les marches de Montmartre avec un certain Farouk (surnommé il y a longtemps par Shoo² « Le Roch Voisine pakistanais »…), qui est une sorte de vieux routier de l’endroit, qui connaît par cœur toutes ficelles du « métier », et notamment la façon de faire participer l’audience sur « The boxer » (on le voit d'ailleurs en pleine action sur la photo ci-contre)…Alors, ça consiste à séparer le public en 3 tranches : faire chanter à la 1e les « Laï la laï, laï la laï, laï laï la laï, laï la laï», à la 2e faire dire « Douf ! » (ça paraît pas évident comme ça, mais c’est sensé faire bruit de tonnerre…Si si !), et à la 3e « Tchhhhhhh !!! » (grosso modo, ça doit ressembler à des cymbales…A peu près…). Croyez-moi ou non, mais après un 1er essai en général infructueux, ça marche la 2e fois et l’effet est plutôt marrant, à défaut d’être saisissant…Tiens, d’ailleurs, vous qui êtes devant votre ordinateur, faites le test : chantez très exactement ceci : « Laï la laï, laï la laï, laï laï la laï, laï la laï / DOUF !!! / Tchhhhhhh !!!! »…On s’y croirait, non ? Non ?...

Après cette plongée initiatique dans les années 70, ce sera au tour des eighties dès lundi prochain : vous verrez comment ma passion pour la gratte est née à Rennes, un soir où un mec que je ne pouvais pas vraiment encadrer a sorti la sienne (de guitare) et a joué un morceau qui a changé pas mal de choses…


samedi, novembre 25, 2006

Un jour, une chanson...Préambule

Amis Jbebs,

Comme le clame à tue-tête le Shoo² depuis quelques mois, il faut sauver le soldat Jbeblog, avant qu’il meure de sa belle mort, achevé par le surbooking familial ou professionnel de ses plus éminents signataires…
Ayant été le premier à avoir envie de, sans pour autant prendre le temps de, je me suis demandé comment réactiver le môôôle, comment avancer vers l’en-but adverse, autrement dit comment faire vivre le cuir, quoi… (NDLR : il faut lire cette dernière phrase avec un fort accent bayonnais, sinon ça perd de son charme).
J’ai commencé par me dire qu’il fallait fidéliser le lectorat, et que pour ce faire, rien de tel qu’une bonne série basée sur un sujet fédérateur…On a bien sûr tous en tête l’énorme série séminale « Nés sous X », pondue par Shoo² (les posts qu’on lit d’une main, aurait pu dire Herbert LéonHard), qui, en réussissant l’alliage improbable de l’érudition pornocrate et du style alerte et décontracté du flanc (© La Quiche), a amené tous les visiteurs du jbeblog à attendre fébrilement la livraison suivante…
Cette série cul(te) étant désormais close, quel autre sujet serait susceptible de fidéliser le jbeb (ou le sympathisant, ou l’apparenté, ou le simple visiteur) ? Et la musique, bordel ?

Eh oui, en me repenchant sur mes quelques (trop rares) écrits proposés sur ce jbeblog, j’ai retrouvé une lettre ouverte au Boss (le 15 janvier de cette année), en introduction de laquelle je disais ceci (bon, OK, une auto-citation, ça fait un peu le mec qui a le melon, j’espère que vous ne m'en tiendrez pas rigueur…) : « J’aurais ainsi pu évoquer H-F Thiéfaine, Ben Harper, Bertignac ou encore Miossec (et oui, j’ai toujours eu une certaine tendresse pour le Brestoâââ…), mais ce sera pour une autre fois ». Et si cette autre fois était venue ?
Poursuivant ma réflexion, j’ai profité d’un Paris-St Brieuc en TGV, il y a quelques semaines, pour lister toutes les chansons qui m’évoquaient quelque chose, depuis le moment où la musique a commencé à me parler, c'est-à-dire depuis que je suis passé de Genesis à Dire Straits, vers 1988…Eh bien figurez-vous qu’il y en a un paquet sur lesquelles je me suis aperçu que j’aurais des choses à raconter (contexte, ambiance, émotion, tout ça quoi) et je suis sûr que vous aussi, si vous y pensez quelques minutes…
On a tous dans l’cœur ce genre de souvenirs musicaux associés ad vitam à des moments-clé de notre vie, ou tout simplement à des bons moments, qu’ils ont aidés à rendre plus mémorables.

Je vais donc appeler cette série « Un jour, une chanson… » et j’ai déjà une bonne vingtaine d’épisodes en stock : ça nous emmènera de Ben Harper à David Bowie, en passant par Elliott Smith, Simon&Garfunkel, Pink Floyd, Daniel Balavoine, Nirvana, Jacques Higelin, U2, Petru Guelfuggi, Cabrel, Joseph Arthur, Calvin Russel et bien d’autres…

Le principe n’est pas follement original (d’ailleurs, Nick Hornby l’a développé avec beaucoup de talent et de style dans l’excellent « 31 songs »), mais peu importe, ce qui compte c'est de faire vivre le môôôle, comme le mec avec le fort accent bayonnais l'a très bien dit au début... Je compte sur vous pour rebondir et proposer à votre tour les morceaux qui vous ont parlé, à un moment ou un autre. D'ailleurs, au vu des fins connaisseurs de la chose musicale que nous avons là, je ne doute pas que ça ne va pas tarder à fuser...

Pour terminer, un petit teasing : la semaine prochaine, vous apprendrez que mon goût immodéré pour les tierces et autres harmonies vocales (je le rappelle, la tierce, c'est mon dada...) remonte à mes 5 ans, et n’est pas sans rapport avec la série « Bibliothèque Rose » Poly…Si, j’vous jure ! Un indice pour vous, en bas de votre écran: contrairement à ce que pourrait laisser penser l'image ci-contre, ça n'a rien à voir avec le groupe mancunien des frères Gallagher...C'est une fausse piste...

Je sens que vous mourez d’envie d’en savoir plus…Allez, avouez-le ! Allez !!!

lundi, novembre 20, 2006

Mon Tonton Julien


Je suis né il ya 42 jours , j'ai vu autour de moi des regard d'amour, j'ai senti sur ma peau des baisers tendres et des mains protectrices, j'ai entendu des voix, des rires , des musiques . Et puis il y a quelques jours j'ai vu apparaitre un nouveau visage s'approcher de moi, celui de mon Tonton Julien. Il a franchi cet océan qui le sépare de nous, il est venu m'apporter tout l'amour qu'il a pour ses proches, il m'a pris dans ses bras, m'a tout de suite adopté, il m'appelle déjà moumoul' comme mes parents, j'ai senti dans ses bras la tendresse qu'il a pour moi.
Merçi Tonton Julien.