jeudi, décembre 28, 2006

ouiouicheyouamericrismasse


andahappiniouyir !

mardi, décembre 12, 2006

He do the Walkman of Life

A vue nez, j'étais en cinquième.
Au risque de choquer certains culs-bénits, je crois que j'ai couché avec dès le premier soir.

Pour tout dire, ça n'a pas été fantastique, et je me souviens ne pas avoir bien dormi : il était bruyant et prenait trop de place dans le lit. Peu importe, l'expèrience était nouvelle, excitante.

Je l'avais attendu pendant de longs mois. La plupart de mes petits camarades en parlaient à longueur de journées; mettant en avant leurs mérites comparatifs.

Cela dit, j'avais bien fait d'attendre, de ne pas me jeter sur le premier venu. Le mien était beau, et son sticker orange fluo “Sony” dégageait une aura qui criait "on s'est pas foutu d'ma gueule" !.

Blanc, le boitier en partie transparent, il laissait entrevoir le bon défilement de la cassette. Un détail pas toujours anodin, quand à l'instar de leurs ancêtres les mange-disques, certains "balladeurs" avaient la tendance à avaler la bande...










Il fallait réussir à se procurer trois piles pour actionner un mécanisme que je soupçonnais à la pointe de la technologie, mais son autonomie était catastrophique, si bien que rembobiner une chanson afin de la ré-écouter était un plaisir très coupable. D'où la technique imparable dite du “crayon” pour rembobiner manuellement les cassettes...


Se faire offrir son premier walkman était seulement un point de départ d'une (que)quête ultime, restait ensuite à se procurer des cassettes, et surtout, de la “bonne musique”.

A cet égard, le Top 50 pouvait être considéré avec un certain respect; un prescripteur de tendances, de tubes mémorables, qu'on se devait de posséder pour ne pas passer pour le dernier des has-been.

Pour cela, plusieurs méthodes :


1) Méthode dite du "richman"

Méthode onéreuse, et donc limitée, à moins de s'appeler Rotschild, ou... Thooris. Méthode simpliste, directe, efficace, consistant à mettre sur sa liste de noël ou d'anniversaire la cassette d'un artiste en vue... JJ Goldman et sa cravatte en cuir, Madonna, voire U2 ou Police pour plus pointus. Ou sinon, un des nombreux “hit parade", qui font aujourd'hui les délices des soirées rétros, des Di'djis qui ambiancent dans les mariages dans le 77, entre la danse des Canards et le dernier tube de Shakira...

Anecdote à ce sujet, je me souviens avoir demandé à mon père à l'époque quel était le "vrai" nom de Jean-Jacques Goldman. Après tout, Spiderman = Peter Parker, Batman=Bruce Wayne, etc. A ce tarif, Goldman, c'était un nom de scène... "Les enfants sont formmmmmidables !"

2) Méthode dite du "chacal"

Accepter d'accompagner ses parents, grands parents, voisins, à Euromarché. Officiellement pour “aller en commissions” (expression devenue désuette depuis.) En réalité, la manoeuvre, hautement sournoise, consistait à aider pendant le premier tiers du parcours, histoire de créer des conditions favorables, avant profiter de l'attendrissement provoqué pour tenter d'extorquer le dernier 45 tours top tendance. A choisir, par exemple, “Commanchero” (de Moon Ray), “Life is Life” (de Opus) ou encore le fameux “Macumba” de Jean Pierre Mader. On n'oubliera pas, dans ce cas, d'écrire au stylo bic s'il vous plait, son nom, en haut à gauche, pour ne pas se faire barboter le précieux 45t lors d'une boom à laquelle on espère bien être invité.

Il ne restait plus, ensuite, qu'à poser la petite rondelle-adaptateur sur la platine, poser le diamant sur le pourtour du 45 tours (sans mettre les doigts dessus nondoudjiou !!) avec une précision de sniper yougoslave, en sortant la langue, comme pour mieux se concentrer. Puis enclencher, de deux doigts fermes (majeur et index, dans la majorité des cas) les touches “O” et “>” du magnéto-cassette. Ni trop tôt (pour ne pas avoir trop de blanc), ni trop tard (pour ne pas manquer les premières mesures).

3) Méthode dite de "l'épervier"

Pour cette technique, il fallait être vif, patient, et sur le qui-vive. "Réactif", comme on dit aujourd'hui dans les SSII du 92...

En résumé : trouver, à tâtons sur sa molette une radio à la mode, genre “NRJ”, mettre son magnéto (serge) en position d'enregistrement, et sur pause. Restait ensuite à tenter de faire ses exercices de maths pour le lendemain, tout en gardant une oreille attentive sur la radio. Sitôt résonnant les premières notes d'un tube recherché, bondir de la chaise, cadrage-débordement sur le canapé, double contact couscous pour éliminer la table basse,, et applatir d'un doigt victorieux la touche pause. On aurait dés lors LE morceau tant souhaité, mais on pourrait ensuite maudir jusqu'à la VII eme génération l'animateur-crétin, qui, en continuant de causer, polluait le début de l'enregistrement. Des propos badins qu'il faudrait pourtant se tortorer des dizaines de fois, pendant des années, au gré des écoutes à venir.

Ainsi armé d'une cassette top-moumoutte/home made, de piles en état de marche, on pouvait, enfin, se payer le luxe Ô combien jouissif d'aller se promener, triomphant, de la musique sur les oreilles... Le Walkman, quelle invention !

Avance rapide... (merde, les piles !!!) Au fil des années, il s'est amainci, perfectionné, embelli. Auto-reverse, radio, chargeurs, design...

Puis vint l'avènement du Discman.

Puis le lecteur Mp3...

Voyant que je lorgnais sur le dernier Ipod nano, ma femme (Monique, si tu nous écoutes !) a eu la riche idée (c'est le cas de le dire) de me l'offrir.

Sans vouloir faire la pub de l'engin (qui n'en a pas vraiment besoin), ce petit gadget, à l'instar de ses concurrents, a des possibilités énormes. Je vous passe le couplet sur “le chemin parcouru”, le progrès et temps qui passe. Pour le coup, c'était pas forcément mieux a'vang...

En chargeant la “bête” l'autre jour de près de 500 titres, j'ai fait une sélection très rapide et particulièrement eccléctique, à la “va-là comme j'te pousse”.Le but était de faire face aux différentes occasions, satisfaire différentes humeurs.

C'est ainsi que j'ai ri, seul, bêtement, l'autre jour en plein centre ville de Vancouver. En lecture aléatoire, je finissais d'écouter une chanson probablement sérieuse, adulte, sombre... anglo-saxonne. Elle collait bien : moi, marchant, pensif, au milieu d'une foule compacte et anonyme, entre quelques buildings aux allures futuristes. On est en 2006, on est à Vancouver.

Et puis retentissent les premières notes, dépouillées, rigolotes, basiques, surranées d'une chanson enfouie loin, du côté d'Athis Mons...

"La Froumi veut pas donner son miam... MIAM

La Froumi veut pas donner son miam... MIAM..." (...)

a n'était ne fois ptite froumi relasque
por ne que navait ne steréo fifi ne mini crasquette
ne lave crecelle branque et ne frigérateur

La cigale est dans le show business ness
mais elle ne veut pas montrer ses fesses
fesses
alors pour bouffer quand même
elle va au buffet du midem
elle butine dans les coktails à Cannes
Cannes Cannes Cannes Cannes
La froumi veut pas donner son miam miam


Et moi, seul dans ce flot d'inconnus, de partir dans une quinte de rire, auto-nourrie par l'incongru, le décallage de la situation...

Des parfums de 1983 remontant soudain. Pit et Rik, la télé du salon, Collaro Show, Cocoricocoboy, Docteur Cynoque, et forcément la playmate du samedi soir. Playmate qui m'en touchait à l'époque une sans bouger l'autre. Question de timing et d'âge du capitaine. Mais je vous parle d'un temps que les moins de 20 ans, etc...

vendredi, décembre 08, 2006

Un jour, une chanson...Volume 2

Dites donc, quelle effervescence sur ce jbeblog ! Les posts tombent comme à Gravelotte, et ce n'est qu'un début...Je verrais bien Shoo² nous pondre un article enfiévré sur Michael Bolton, ou encore la Quiche nous dire tout le bien qu'il pense de "Lemon tree" de Fool's Garden (arf, arf...) !

Cette semaine, on reste dans le folk, mais à la française, et avec une pointe d’accent…

Nous sommes donc en juin 91 à Rennes, à l’issue d’une année de prépa école de commerce, pas franchement épanouissante (tu m’étonnes…), mais au cours de laquelle j’ai quand même fait la connaissance de mecs assez sympas (pas de filles, ohhh non, elles sont encore à l’époque un concept un peu abstrait…), notamment un gars avec qui ça avait plutôt mal commencé.
Ce mec, c’est Tuff’ (mon pote Fabrice, celui avec les grosses lunettes sur la photo...) et ma première rencontre avec lui m’a laissé…disons dubitatif : le midi de la 1e journée d’intégration de la prépa, comme tous mes futurs compagnons de galère, je vais déjeuner au RU et je me retrouve à faire la queue juste derrière Tuff’, qui est avec un certain Richard et l’entretient en ces termes : « Non, mais il faut pas se leurrer, on n’a aucune chance d’avoir une bonne école avec seulement 1 an de prépa…Là, il faut se dire on part pour 2 ans. ». Ma 1e réaction en entendant ça, c’est « Putain, c’est quoi ce mec qui casse l’ambiance ! S’il est pas plus positif que ça, c’est sûr qu’il ne va pas aller bien loin, autant qu’il arrête tout de suite ! »…Bon, évidemment, comme je ne suis pas totalement punk, je garde ça pour moi, n’empêche que le Tuff’ est vite catalogué : pas cool, légèrement anticonformiste, fréquentant en plus des personnes pas super populaires…Et comme de son côté, il est plutôt agacé par mon côté « américain », easy-going (je cite…), on ne peut pas dire que cette histoire démarre sur les chapeaux de roux…
Après 9 mois de bachotage, on passe les concours et dans l’attente des résultats, avant de partir passer les oraux un peu partout en France, on a quelques jours de répit, qu’on passe à Rennes, dans une ambiance primesautière plutôt décontractée du flanc (on bossera quand on aura envie de bosser).
C’est dans ce contexte à la cool qu’on se fait une soirée au cours de laquelle Tuff’ apporte sa gratte, pour la 1e fois…

Et là, non content de gratouiller sa guitare dans un coin, il dégaine la voix qui a fait dire un jour à ma mère « Ce Fabrice, il a une voix qui remplit l’espace » (depuis, je n’ai pas trouvé mieux pour la décrire…) et balance « Carte postale » du père Cabrel…
Je ne suis pas un fan transi du barde d’Astaffort, mais ce moment là, c’est comme si c’était hier. Je pense que ça tient autant à la chanson qu’au gars qui l’a interprété ce soir-là, qui n’allait pas tarder à devenir un ami…J’en profite pour dire que je lui dois beaucoup, ne serait-ce que d’un point de vue musical, puisque c’est ce moment précis, entre autres, qui m’a donné envie de me mettre à la gratte…Et c’est pour ça que j’ai pris le temps pour en parler longuement, avant d’en venir à la chanson en elle-même…

Alors, cette chanson, justement, qu’est-ce qu’elle a de spécial ? Bon, certes, l’écriture est ciselée, les mots bien choisis, on le devine très bien, ce « hameau, perdu sous les étoiles, avec de vieux rideaux pendus à des fenêtres sales » ; on les entendrait presque, ces « phrases sacrées des grands-pères », ou ces « rires des nuits de moisson »…Y a pas à dire, c’est un poète, le Francis…Mais alors, d’où vient cette impression un peu bizarre que la chanson a mal vieilli ? Il est vrai qu’elle date de 1981 et qu’à l’époque, traiter de l’exode rural était au cœur des préoccupations de la population, il était naturel de s’inquiéter pour « les fermes endormies quand les jeunes partent »…Seulement voilà, à l’heure de la révolution numérique, force est de constater que le sujet n’est pas des plus sexys…On peut le déplorer, mais c’est difficile de le nier. C’est dans ce contexte que le discours « C’était mieux avant » a plus de mal à passer, et c’est vrai qu’une partie du répertoire du Francis tourne autour de ça, même s’il vaut mieux, je trouve, que cette caricature unilatérale qu’on a fait de lui…

En tout cas, il y a 15 ans, on était encore loin de tout ça, le minitel était à son apogée, avoir un discman était l’apanage de quelques avant-gardistes, les Renault 11 étaient à la mode et j’écoutais cette chanson avec un esprit encore pur et vierge…Le fait est que la chanson et le contexte de sa (re)découverte ont engendré un souvenir indélébile, d’autant plus fort qu’il marque à peu près distinctement le début de mon envie de faire de la musique (eh oui, j’ose le dire, je prends position, je suis un vrai gueudin : mes 3 années de flûte à bec quand j’étais au lycée ne comptent pas…). Et rien que pour ça, merci Francis et merci Tuff’ !!! Merci les gars, de la part de ma Guild et moi...

La semaine prochaine, il sera question d’anges, d’auberge de jeunesse Irlandaise et de Jeanne d’Arc…

jeudi, décembre 07, 2006

Soundtrack of our Lives ?

En cette période de massive transhumance jbébique, il tient ferme la barre du bateau. Oh oui, Mitch ! Tel le marin breton affrontant les éléments, tel un ohé-ohé-capitaine-abandonné seul sur le pont, tel le mousse des 40eme buanderies rugissantes, tel le héraut de la Jeanne, Nico nous nourrit de son concept. Concoctés au chaud dans son intemporel repère "Reuillois", ses posts sont une bouffée d'air frais musical. Un jour, une chanson; "Soundtrack of our lives" en somme, comme dirait JC Van Damme de Elle-eh.

Au risque de polluer le monologue, je m'immisce, et point de circonvolutions déjà pesantes, je me lance...


Mars 1990. Je suis en première. Un échange est organisé avec la bourgade de Beverley, Massachusetts. Là où j'avais eu la scoumoune deux ans auparavant, en Allemagne et surtout en Angleterre, cette fois, je tire la queue du Mickey : mon correspondant, Scott, est un rouquin affable et rigolo. Il m'a à la bonne. J'ai même la chance de rencontrer ses parents à Paris avant de me rendre aux 'Stazinis. Barb' & Chuck Wicke (prononcé "Wiki") sont des globe-trotters curieux, ouverts sur le monde... démocrates. Moralité, je suis reçu dans leur grande et belle maison en lisière de forêt comme un nabab, avec les égards pas forcément dus à mon rang de "Fromage qui pue".

Beverley, c'est la "Suburbia Americana" typique des feuilletons : à une petite demie heure au nord de Boston, c'est une banlieue aisée, aérée, bourgeoise. Dans ce berceau de l'amérique Wasp, on se veut plus proche des Kennedy que des red-necks texans.

Entre visites à Boston, Cape Cod, New York, des semblants de cours à la high school locale le matin, basket ou tennis avec des autochtones, les soirées sont libres...

L'idée, c'est donc d'avaler le bitume, tranquille, "cruisin' "... comme ils disent. Un stop pour une pizza, une visite chez un amibe, une partie de foot américain improvisée sur la plage... Un truc un peu fou, un parfum de liberté. C'est l'amérique bordel !

A ce point, la différence essentielle entre un ado de Beverley et de Joinville-le-pont, c'est que le jeune amerloque peut conduire librement dès l'âge de 16 ans. C'est peut être un détail pour vous, mais à cet âge, ça veut dire beaucoup.... Simplement, rouler tranquillement, à sa guise, décontracté du flanc. Durant cette période parfois ingrate, c'est une fenêtre sur la suite, ce qui fait envie, sur tous ces vieux salauds de bien 22 ou 23 ans, qui se la racontent et sortent avec les belles pépés de 17/18 ans qu'on reluque avec concupiscence. Mais je m'égare...

La famille, les Wicke, possède deux caisses, dont une énorme Pontiac break, décorée sur les côtés de panneaux en simili bois du plus bel effet retro-kitsch. Scott la surnomme, avec son accent chantant, le "bateau". Le confort est américain, débordant de gadgets, d'équipements, dont un "booming system" à la pointe.



Le single de Depeche Monde "Personal Jesus" tourne déjà depuis quelque temps en radio. Il annonce l'évolution du groupe, sa sortie progressive des années 80. La fin du côté minet/ new wave/ son Bontempi et boite à rythmes de pacotille. Fan de "Music for the Masses", je me rue dès la sortie acheter la cassette qui ne quittera pas la voiture de tout le séjour, quitte à saouler mon rouquin de corress... L'album est sombre, mystérieux, avec un je-ne-sais-quoi de langoureux... A mesure que nous faisons, Scott et moi, nos innocentes rondes nocturnes, la cassette tourne en boucle.

Le faisceau lumineux des phares éclaire par bribes cette banlieue, sous l'emprise presque hypnothique de "Violator". Dans ce bout d'amérique chic, la bande son du voyage d'un ado de la banlieue parisienne est fournie par le mal être, les hésitations religio-sessuelles d'un groupe issu d'une grise province anglaise. La musique est universelle...

La production de l'album est fouillée, restituée par les enceintes hi-fi de la voiture. "World In My Eyes", "Enjoy The Silence"... aux conversations suivent des silences... "There's a pain, a famine in your heart, an aching to be free" chante Gahan sur "Halo". J'entends les mots, les comprends un par un mais pas dans leur globalité. Ils s'agglomérent en écheveaux complexes, forts, qui résonnent en moi.

La voix de Dave Gahan, gutturale et suave emplit la voiture. Les synthés sont ciselés, précis. Aux néons des centres commerciaux et autres Mc Do succèdent des parcelles de nuit profonde, loin des lueurs de la ville. On roule, on devise. La France, les Français, les filles, les voitures, l'avenir... Des soucis, des envies d'ados. "Waiting For The Night", onirique, la voix de Martin Gore tierce celle de Gahan à la perfection. "Policy Of Truth", le gimmick du synthé accompagne un groove entêtant et dépouillé. Et toujours ces deux voix à l'unisson...

L'année suivante, me parfumant soudain de jouer de la guitare, alors que je gratouille à peine, je tourne subitement le dos à Depeche Mode sous le pretexte d'un manque de "vrais musiciens", de "vrais" instruments. Plaquant tout juste trois accords, je soutiens mordicus que ne pas jouer avec une saturation et un mur d'amplis est un faux-pas honteux. Il me faudra quelques années pour surmonter ces conceptions pseudo-snobinardes sur ce qui constitue ou pas la "vraie" ou la "bonne" musique. Plus de 15 ans après sa sortie, "Violator" est solidement ancré dans mon panthéon perso, mon top 5. Le fameux top 5 de l'île déserte. Il accompagne toujours de nombreux moments, qui me replongent parfois à Beverley, Massachusetts, en 1989.

mardi, novembre 28, 2006

Un jour, une chanson…Volume 1

Bon, le concept de cette nouvelle série venant d’être précisé avec force détails, je ne perds pas plus de temps : place au premier morceau, qui se trouve, tant qu’à faire, être aussi mon premier souvenir musical…

Plantons le décor : nous sommes à peu près en 1978, j’ai dans les 6 ans…L’action se passe au 14, rue de Picardie, à St Brieuc (département 22, qui s’appelait encore à l’époque les Côtes du Nord), dans la salle de séjour de notre maison familiale. Ça doit être le week-end, on doit être au printemps, la porte-fenêtre ouverte donnant sur un petit jardin en friche.

Je suis installé là, tranquille, plongé dans la lecture forcément passionnante d’un bon vieux Bibliothèque Rose, en l’occurrence un des bouquins de la série Poly (en 2 mots, pour ceux qui n’auraient pas eu la chance de connaître…Il s’agit des aventures gentillettes d’une sorte de poney polisson qui vit des aventures absolument débridées (!!!) avec des petits nenfants tout mignons…Comment ça, c’est carrément cul-cul ? Le premier qui ose répéter ça, il se mange une claque dans son gueule [à dire avec un accent portugais assez véhément, c’est plus drôle]…). Bref, je suis captivé, c’est génial…En plus et surtout, dans cet épisode, il est question d’un père que ses 2 enfants croyaient disparu et qui refait surface, à la faveur d’un suspense digne de Prison Break (à l’échelle de mes 6 ans, c’est à peu près ça…) ! Ta da !!!

Au moment où on est au summum du climax de THE scène des retrouvailles, il se trouve que résonne dans le salon de mes parents le morceau qui fait l’objet de cet article (ahhhh, enfin !) : The boxer, de Simon & Garfunkel…Je pense que vous aurez compris que, pour que je prenne du temps pour vous raconter tout ça, près de 30 ans plus tard, c’est qu’il s’est passé quelque chose, du genre quelque chose de fort…Eh bien oui, c’est tout juste l’émotion de la situation combinée très exactement à l’émotion nostalgique dégagée par cette chanson, qui m’ont occasionné une bouffée de quelque chose d’assez difficile à analyser à l’époque, cette réaction chimique étonnante, ce souvenir quasi intact, tant d’années après…

Evidemment, je ne vais pas essayer de vous convaincre que cette scène des retrouvailles à la Poly style était objectivement un monument d’émotion, en revanche j’ai plus d’arguments concernant la chanson : évidemment, ce n’est pas le texte qui m’a touché à l’époque, mais si on s’y arrête 2 secondes, l’histoire de ce gamin qui quitte son foyer pour trouver un petit boulot à New-York, qui se retrouve « In the quiet of the railway station, Running scared, laying low », avec uniquement les putes de la 7e avenue pour lui adresser la parole, et qui n’a rapidement de cesse que de rentrer chez lui, « Where the New York city winters aren't bleeding me, Leading me, Going home », cette histoire a une dimension nostalgique et un côté universel auxquels il est difficile de rester insensible…

Musicalement, ça enfonce le clou : à la délicatesse des arrangements acoustiques se rajoute ces harmonies vocales célestes (nous y voilà…) entre le petit brun rablé (Simon) et le grand rouquin dégingandé (Garfunkel), qui nous offrent une sorte de perfection vocale dans le genre, l’air de ne pas y toucher…Quant à la fin, là ça décolle carrément : on passe en mode mineur, sur des « Laï la laï, laï la laï, laï laï la laï » en boucle, agrémentés de bruits de tonnerre du meilleur effet (pourquoi ? mystère…). Si on ajoute à ça quelques cuivres, percus et cordes placés exactement où il faut et comment il faut, on a fait le tour d’un morceau patrimonial, du genre de ceux qui traversent les années/décennies/siècles et qui « parlent » aux gens, et notamment à moi, en ce jour de 1978…

Je me suis d’ailleurs aperçu, au fil de mes différents side projects musicaux, que ce morceau faisait partie des quelques uns qui marchaient à tous les coups et qui déclenchaient systématiquement le même genre de sourires dans le public…J’ai encore pu le constater ces derniers week-ends, alors que j’ambiançais du touriste sur les marches de Montmartre avec un certain Farouk (surnommé il y a longtemps par Shoo² « Le Roch Voisine pakistanais »…), qui est une sorte de vieux routier de l’endroit, qui connaît par cœur toutes ficelles du « métier », et notamment la façon de faire participer l’audience sur « The boxer » (on le voit d'ailleurs en pleine action sur la photo ci-contre)…Alors, ça consiste à séparer le public en 3 tranches : faire chanter à la 1e les « Laï la laï, laï la laï, laï laï la laï, laï la laï», à la 2e faire dire « Douf ! » (ça paraît pas évident comme ça, mais c’est sensé faire bruit de tonnerre…Si si !), et à la 3e « Tchhhhhhh !!! » (grosso modo, ça doit ressembler à des cymbales…A peu près…). Croyez-moi ou non, mais après un 1er essai en général infructueux, ça marche la 2e fois et l’effet est plutôt marrant, à défaut d’être saisissant…Tiens, d’ailleurs, vous qui êtes devant votre ordinateur, faites le test : chantez très exactement ceci : « Laï la laï, laï la laï, laï laï la laï, laï la laï / DOUF !!! / Tchhhhhhh !!!! »…On s’y croirait, non ? Non ?...

Après cette plongée initiatique dans les années 70, ce sera au tour des eighties dès lundi prochain : vous verrez comment ma passion pour la gratte est née à Rennes, un soir où un mec que je ne pouvais pas vraiment encadrer a sorti la sienne (de guitare) et a joué un morceau qui a changé pas mal de choses…


samedi, novembre 25, 2006

Un jour, une chanson...Préambule

Amis Jbebs,

Comme le clame à tue-tête le Shoo² depuis quelques mois, il faut sauver le soldat Jbeblog, avant qu’il meure de sa belle mort, achevé par le surbooking familial ou professionnel de ses plus éminents signataires…
Ayant été le premier à avoir envie de, sans pour autant prendre le temps de, je me suis demandé comment réactiver le môôôle, comment avancer vers l’en-but adverse, autrement dit comment faire vivre le cuir, quoi… (NDLR : il faut lire cette dernière phrase avec un fort accent bayonnais, sinon ça perd de son charme).
J’ai commencé par me dire qu’il fallait fidéliser le lectorat, et que pour ce faire, rien de tel qu’une bonne série basée sur un sujet fédérateur…On a bien sûr tous en tête l’énorme série séminale « Nés sous X », pondue par Shoo² (les posts qu’on lit d’une main, aurait pu dire Herbert LéonHard), qui, en réussissant l’alliage improbable de l’érudition pornocrate et du style alerte et décontracté du flanc (© La Quiche), a amené tous les visiteurs du jbeblog à attendre fébrilement la livraison suivante…
Cette série cul(te) étant désormais close, quel autre sujet serait susceptible de fidéliser le jbeb (ou le sympathisant, ou l’apparenté, ou le simple visiteur) ? Et la musique, bordel ?

Eh oui, en me repenchant sur mes quelques (trop rares) écrits proposés sur ce jbeblog, j’ai retrouvé une lettre ouverte au Boss (le 15 janvier de cette année), en introduction de laquelle je disais ceci (bon, OK, une auto-citation, ça fait un peu le mec qui a le melon, j’espère que vous ne m'en tiendrez pas rigueur…) : « J’aurais ainsi pu évoquer H-F Thiéfaine, Ben Harper, Bertignac ou encore Miossec (et oui, j’ai toujours eu une certaine tendresse pour le Brestoâââ…), mais ce sera pour une autre fois ». Et si cette autre fois était venue ?
Poursuivant ma réflexion, j’ai profité d’un Paris-St Brieuc en TGV, il y a quelques semaines, pour lister toutes les chansons qui m’évoquaient quelque chose, depuis le moment où la musique a commencé à me parler, c'est-à-dire depuis que je suis passé de Genesis à Dire Straits, vers 1988…Eh bien figurez-vous qu’il y en a un paquet sur lesquelles je me suis aperçu que j’aurais des choses à raconter (contexte, ambiance, émotion, tout ça quoi) et je suis sûr que vous aussi, si vous y pensez quelques minutes…
On a tous dans l’cœur ce genre de souvenirs musicaux associés ad vitam à des moments-clé de notre vie, ou tout simplement à des bons moments, qu’ils ont aidés à rendre plus mémorables.

Je vais donc appeler cette série « Un jour, une chanson… » et j’ai déjà une bonne vingtaine d’épisodes en stock : ça nous emmènera de Ben Harper à David Bowie, en passant par Elliott Smith, Simon&Garfunkel, Pink Floyd, Daniel Balavoine, Nirvana, Jacques Higelin, U2, Petru Guelfuggi, Cabrel, Joseph Arthur, Calvin Russel et bien d’autres…

Le principe n’est pas follement original (d’ailleurs, Nick Hornby l’a développé avec beaucoup de talent et de style dans l’excellent « 31 songs »), mais peu importe, ce qui compte c'est de faire vivre le môôôle, comme le mec avec le fort accent bayonnais l'a très bien dit au début... Je compte sur vous pour rebondir et proposer à votre tour les morceaux qui vous ont parlé, à un moment ou un autre. D'ailleurs, au vu des fins connaisseurs de la chose musicale que nous avons là, je ne doute pas que ça ne va pas tarder à fuser...

Pour terminer, un petit teasing : la semaine prochaine, vous apprendrez que mon goût immodéré pour les tierces et autres harmonies vocales (je le rappelle, la tierce, c'est mon dada...) remonte à mes 5 ans, et n’est pas sans rapport avec la série « Bibliothèque Rose » Poly…Si, j’vous jure ! Un indice pour vous, en bas de votre écran: contrairement à ce que pourrait laisser penser l'image ci-contre, ça n'a rien à voir avec le groupe mancunien des frères Gallagher...C'est une fausse piste...

Je sens que vous mourez d’envie d’en savoir plus…Allez, avouez-le ! Allez !!!

lundi, novembre 20, 2006

Mon Tonton Julien


Je suis né il ya 42 jours , j'ai vu autour de moi des regard d'amour, j'ai senti sur ma peau des baisers tendres et des mains protectrices, j'ai entendu des voix, des rires , des musiques . Et puis il y a quelques jours j'ai vu apparaitre un nouveau visage s'approcher de moi, celui de mon Tonton Julien. Il a franchi cet océan qui le sépare de nous, il est venu m'apporter tout l'amour qu'il a pour ses proches, il m'a pris dans ses bras, m'a tout de suite adopté, il m'appelle déjà moumoul' comme mes parents, j'ai senti dans ses bras la tendresse qu'il a pour moi.
Merçi Tonton Julien.

samedi, octobre 14, 2006

Il est né le divin Jbaby


Chers amis jbebs, chers sympathisants de la cause jbébique, chers lecteurs anonymes, j'ai l' honneur de vous annoncer la naissance de Timothée, le premier enfant 100% jbaby. Né de l'amour que se porte deux jbebs de sexes différents (et oui il existe des jbebs de sexe féminin), ce beau bébé de 54 cm et de 3.880 kg a vu le jour le 10 octobre 2006 à la maternité de Saint-Maurice. Toute la petite famille se porte bien et a regagné le nid familial. Vive les bébés et surtout vive les jbabies !!!!

PS. La paternité de l'AOC "Jbaby" revient à Pansement, rendons à la Panse ce qui est à la Panse .

mercredi, septembre 20, 2006

est ce que démouler c'est tromper ?

Démission du président du conseil d'administration de Radio-Canada

Extrait de presse qui m'a été envoyé par Serge Lamet, sous le titre “les conséquences de ta première émission”...


Montréal 18/09/2006 (AP)

Des propos controversés sur la sexualité au Liban et sur le plaisir de déféquer, ont coûté son poste au président du conseil d'administration de la radio-télévision publique Radio-Canada Guy Fournier.

"M. Fournier a perdu la confiance du nouveau gouvernement. J'informe la chambre que j'ai reçu sa démission", a annoncé mardi devant la Chambre des Communes, la ministre du Patrimoine, Bev Oda.

Auteur de plusieurs séries télévisées à succès, Guy Fournier, connu pour ses positions fédéralistes, avait été nommé en février 2005 à la tête du conseil d'administration de la radio et télévision publique canadienne.

Dans une récente édition du magazine people "7 jours", il affirmait qu'"au Liban, la loi permet aux hommes d'avoir des relations sexuelles avec des animaux à condition qu'il s'agisse de femelles!", mais que "faire la même chose avec des bêtes mâles peut entraîner la mort".

Ces déclarations avaient suscité un tollé au Québec, le quotidien La Presse évoquait l'affaire en première page la semaine dernière, soulignant que des membres de l'importante communauté d'origine libanaise avaient été choqués par ces propos dénués de tout fondement.

M. Fournier, qui dit bien connaître le Liban, s'est excusé publiquement de ses propos lors de la diffusion dimanche de la version québécoise de l'émission "Tout le monde en parle".

Mais il a aussi été pressé de questions sur d'autres déclarations dans lesquelles il faisait l'éloge de la défécation, un plaisir proche de l'orgasme, avait-il dit, alors que le chanteur Serge Lama, assis à ses côtés sur le plateau de la populaire émission, se tordait de rire. "


"Plus il se justifie, plus il s'enfonce", s'était esclaffé le chanteur français...




Le truc drôle, c'est que je suis tombé, totalement par hasard, sur cette émission, version québecoise de "Tout le monde en parle".



Attrait premier, en ce qui me concerne (d'habitude je vais peu sur les rares chaines Québecoises, où je ne comprends pas grand chose, contrairement à la télé américaine qui pillone à l'artillerie lourde...) la présence, en tant qu'invité d'Ardisson... et la curiosité de voir cette copie conforme de l'émission française. Même recette, mêmes chipstas sur le plateau, mêmes éclairages bleus, même interviews à thème, magnéto Serge ! Renseignement pris, il s'agissait là de la première de cette version canadienne de l'émission. D'où la présence d'Ardisson.

Serge Lama, bon... rien à signaler, vend sa soupe, son dernier cédé, sa dernière tournée, retrace ses succès... Ardisson fait le job, tout roule tranquille jusqu'à l'intervention de président du conseil d'administration.

Au Québec, le tutoiement est de rigueur, et l'interview décontractée.
Et le présentateur d'en rajouter des tonnes, jouant sur du velour, dans la veine Rocard "est ce que sucer c'est tromper". Il est tombé sur un client, parce que le Fournier en question (75 ans au compteur, à vue de nez) est en forme olympique en ce moment !


Et de retrouver l'interview sur le plaisir de la défécation, allons-y gaiement (et non gayment), interview pourtant diffusée sur une petite radio communautaire.


Question pseudo candide d'Ardisson, invité "mais quel genre de communauté alors "?
Le Baffie local (avé l'acceng') : mais la communauté des ceux qui aiment bien chier calisssssssssss !
(rires nourris, agricoles & grasseyants).

Le présentateur ouvre consciencieusement une bouteille de rouge et entreprend de servir un verre à tous les invités.
Ardisson, choqué, prenant Lama à partie : "Tu t'rends compte ! Dans ce pays on peut pas s'en griller une dans un resto mais on peut se prochetronner à l'antenne ! “


L'autre remet le nez du président du conseil d'administration dans son caca.(ça, c'est fait). Dans les cordes, et malgré toute sa bonhommie, le gaillard se défend et en remet une louche. (beuark). Se justifie, pédale dans la semoule. Pour tout dire, il est dans la merde (au temps pour moi)
A ce moment, Lama n'en peut plus... (voir l'article : “il s'enfonce !”)

Le Baffie local, justifiant son salaire : "vive Radio Cacanada !!"
Ardisson, profitant d'une telle gabegie, en virée chez les cousins (gentils mais un peu niais à l'entendre) se lance : "vive le Québec libre !"
C'est le ponpon !! Merci Thierry !!

dimanche, septembre 03, 2006

Né sous X (Volume IV). Le Testament d'Onan


Après vingt années d’études approfondies du sujet, il est temps pour moi de me retirer de la vie pornographique et d’en tirer toutes les conséquences qui s’imposent (...).
De mes débuts d’(a)mateur VHSisé, je garderai l’émoi profond suscité par la location de cassettes interdites et l’impatience fébrile au moment de découvrir les premières images de films montrant une débauche de corps entremêlés, de sexes turgescents et de complaintes vocales d’actrices qui cent fois sur le métier remettaient leur ouvrage. Elles donnaient du plaisir à leurs partenaires, eux avaient pour mission de bander droit, dur et longtemps.

Les héros de mon adolescence avaient pour nom, Richard Allan, Alban Ceray, Christopher Clark, Mike Horner, Peter North, Randy Spears, ou encore le légendaire porc-épic Ron Jeremy. Baroudeurs de la quéquette, défonceurs de portes ouvertes, ils butinaient les Marilyn Jess, Brigitte Lahaye, Nina Hartley, Traci Lords, Victoria Paris et Selena Steele, femmes de caractères aux crinières de lionnes et aux corps non encore outragés par les excès de collagène et de silicone.
Sous les caméras indiscrètes des Burd Tranberee (alias Claude Bernard Aubert), des Paul Thomas ou encore du regretté Michel Ricaud, on tapait dans la meule, on se bourrait le mou, on baisait tranquille, on fourrait à tout va, on amenait le petit au cirque, tout ça pour le plaisir onaniste du spectateur. Car avouons-le ici, on ne regarde pas un film de boules pour le décor ou la teneur philosophique des dialogues, on regarde un film de cul en loucedé, pour se tirer sur la tige, se polir le chinois, bref pour se dégorger le poireau.

Plus tard, la cassette VHS laisserait place aux Cd-rom puis aux DVD jusqu’à l’arrivée d’Internet. Dans ce dernier opus de Né(s) sous X, pénétrons dans les coulisses du sexe sur Internet.

Sur la toile, vous pouvez commander tout ce que la planète porno a pu produire, le meilleur comme le pire. Vous pouvez replonger dans les aventures sexuelles de charmant(e)s danois et danoises, naturistes insatiables baisant à l’air libre dans des films légers, vous pouvez vous commander l’intégrale des vieux pornos américains mettant en scène le légendaire John Holmes alias Johnny Wade ou encore Long Dong Silver (que l’on pourrait traduire par «Grand Sexe d’Argent», beau comme un titre de James Bande 00Sexe). Lui, la plus grande star que le X ait porté aux nues puis poussé dans les tréfonds de la déchéance humaine. Cet homme, que la nature avait généreusement gâté, bandait mou, irriguant dans la douleur son grand sexe, sous les regards éthérés de déesses blondes aux tabliers de forgerons généreusement fournies.
Si l’envie vous en prends; partez explorer les fondements du Dorcellisme, genre à lui tout seul, où les jardiniers butinent les châtelaines sous les yeux des soubrettes vicieuses qui se donnent du plaisir la main sous le tablier, ben mon cochon.
Toute cette somme pornographique est achetable, amazonable, livrable en moins de 72h chrono, direct dans votre boite aux lettres (sous pli discret, tant il serait inconfortable d’entendre votre maman vous lancer «Régis, il y a un colis pour toi, ton album Panini a changé de nom, c’est «Anal Destruction Volume III» qui s’appelle cette saison»).

Mais la nouveauté émergente du X, c’est le site porno thématique proposant sous la forme d’un moyen métrage d’une durée de 30 à 60 minutes, des aventures pornographiques d’un genre nouveau.

Etablissons ici un petit bréviaire de ces sites aux caractéristiques communes et répondant aux grands axes de la mercatique, à savoir le positionnement en niches avec pénétration et prendage de parts de marché par derrière (Ah, les cours d’économie à la fac ça me manque !).

Le scénario de base est immuable, de jolies donzelles sont abordées dans la rue, plutôt Miami (Floride) que Sedan (Ardennes), sur la plage, plutôt Venice Beach (Californie) que Le Touquet (Nord), dans un centre commercial, plutôt New York (New York) que Créteil Soleil (Val-de-Marne).

L’action est filmée au moyen d’une caméra DV, tenue par le narrateur que l’on ne voit jamais. Après avoir entamé les hostilités, après quelques palabres mises en scène afin de convaincre la coquine d’aller faire une petite séance de photos et/ou participer à un casting bidon, l’action se transporte dans un chambre d’hôtel, dans une maison ou un appartement. Apparaît ensuite celui que l’on appellera le Baiseur, copain du type qui tient la DV, jusque là vous me suivez, en tout cas je l’espère !

La scène est dressée (comme le braquemart de notre baiseur), en route pour l’aventure. Et c’est parti pour le show, Et c’est parti tout le monde est chaud, Et c’est parti bouges toi sur ce flow.

Scène 1. Après un effeuillage intégral communément appelé strip-tease, nous assistons au suçage de bite avec prise de vue «POV». Derrière ce sigle barbare se cache le mode de filmage utilisé dans tous ses moyens métrages du cul.
Le «Point Of View» consiste à filmer l’action de façon à ce que le spectateur ait la même vue que celle de l’acteur. Après les livres dont vous êtes le héros voici venu le temps des bites et des glands, le film de boules dont tu es le héros !.Peu de variantes dans ce premier opus, une jeune femme agenouillée entre les cuisses du loufiat en train de lui pomper le dard. Louons ici le professionnalisme de ces hommes qui se font turluter le nœud pendant des dizaines de minutes et qui reste la bite à l’équerre, impassible et stoïque.

Scène 2. La baise brute de décoffrage ou comment revisiter toutes les positions du Kama Sutra, levrette, missionnaire, doggy-style, brouette mongole, centrifugeuse fidjienne et marteau piqueur sénégalais (option face dans la moquette !!!). En bref, ça bourre à fond et ça pilonne velu.

Scène 3. Le facial cumshot ou douche séminale (il existe la variante Glasses Cumshot pour les amateurs de lunetterie façon Afflelou ou la version fétichiste cuir «Je te met tout dans les bottes»). A genoux comme un paroissien attend l’hostie, l’actrice principale se verra délivrer une récompense pour le travail accompli, et l’on pourra entendre en fonds sonore un commentaire sarcastique du type «Ouv’ la bouche salope».

Après un salut amical à la caméra façon «c’était super bon d’être avec vous ce soir», la gisquette, écume aux lèvres, renfile son string et regagne ses pénates pendant que le gros salaud remballe son matos. Rangez les Kleenex®, Clap de Fin.

Avec une mise à jour hebdomadaire, ces moyens métrages consomment un nombre d’actrices considérables, les stars du genre se nomment August, Dasani, Flower Tucci, Jamie Elle, Naomi, il y a même des françaises qui sévissent dans ces productions, Sonia Carrère ou Katsumi (surnommée par les fans Kesketumami).

Dressons un petit panorama des sites X les plus cocasses, en commençant à tout seigneur, tout honneur par celui qui fut un des précurseurs du genre, le fameux «BrunoB.cum».

Le brave BrunoB est un chic type de 25 ans, natif de la Belle Province du Québec. Il invite ses copines canadiennes et nord-américaines à goûter à sa production hebdomadaire de sirop d’érable. BrunoB, c’est un peu votre voisin de palier, un monsieur tout le monde sauf que lui passe son temps à se filmer dans sa salle de bain armé de sa DV, à vous inviter à assister à ses culbutes et à vous appeler «Sa Gang de Cheums» comme si vous étiez ses meilleurs potes.

Adepte du style «POV» et du décor minimaliste, une chambre d’étudiant, un lit et une housse de couette -motif drapeau à damier départ de Formule 1-, il enchaîne les 3 scénettes

La réalisation est volontairement amatrice flirtant parfois avec le flou artistique, le «POV» peut être remplacé par le posage de caméra au pied du lit pour marquer le coté «Regardez-moi baiser dans mon pieu !» En conclusion l’immanquable livraison séminale et ce, sans crier «Timber» comme les puissants bûcherons canadiens.

Tel couillu le caribou, BrunoB s’en va baiser parfois en extérieur, dans les luxuriantes forêts canadiennes. Il est sympa ce BrunoB, il nous fait découvrir les charmes de ce beau pays, un jour on verra peut être passer des mecs en VTT en arrière plan ! Rêvons un peu.
La couette de BrunoB a vu défiler tout ce que le Canada compte d’apprenties actrices pornos, serveuses de bar vicelardes, strip-teaseuses ou étudiantes cochonnes. Il n’y a bien que Ginette Reno et Céline Dion qui n’ont pas goûter au sirop de corps d’homme de notre cousin canadien, caliss de criss ….

BrunoB a un oncle un peu pervers, le dénommé Yvon, dont le site est sobrement intitulé «Yvon’s Training». Ici point d’entraînement à la chasse à l’Orignal, le père Yvon, sorte de Guy Roux de la défonce, entraîne de jeunes amatrices à la pratique de la baise ! Et last but not least et passez moi l’expression, pour la bonne bouche, BrunoB a une cousine coquine, la dénommée Christine Young, sorte de girl next door qui baise à tout va, filles ou des garçons sans distinction, tout ça dans un ambiance fleur bleue à la con.

Au stade Amateur, succède le stade Industrie du Sesque façon «Bang Bros» ou en français dans le texte «Les Frères Queutards».

Là, on entre dans le lourd, dans l’épais, dans le qui fait mal aux yeux, avec une dizaine de sites thématiques de culs, de bites et de nibards. Il y en aura pour tout le monde.

Amateurs de gros dargeots et de naïades callipyges, rendez-vous sur «Assparade» et vous verrez une nuée de déesses aux Big Booty (Grosses Derches), se faire découencher par de solides étalons surmembrés.

Pour les amateurs d’exotisme, «Ballhoneys» vous ravira avec sa sélection de mexicaines, boliviennes ou portoricaines. Sortez les nachos, la sauce salsa et faites tourner les mojitos.

Dans «Bigmouthfuls» («Arrêtes de parler la bouche pleine») vous retrouvez des amatrices de la jouvence de l’abbé Soury, prêtes à tout pour faire passer un sévère mal de gorge.

Un des premiers sites des «Frères Queutards» fut le légendaire «BangBus», sorte d’Autobus Impérial de la défonce. Au volant de son combi VW , le célèbre Dirty Sanchez sillonnait les Etats-Unis en quéquête d’autostoppeuses délurées qui acceptaient contre une poignée de dollars de visiter l’arrière de la camionnette en compagnie d’un pote du conducteur, remake de «Fucking Miss Horny» ou sa version française «Miss Horny et son Baiseur».

A genoux sur la moquette du combi, éclata au grand jour le talent d’un acteur sud-américain, toisant deux mètres, l’air toujours hilare, même en pleine action, le phénoménal Ramon.
Cet homme possède, outre une belle paire de (…) dents du bonheur (Tibéri-style), un démonte peneu catégorie Gros Zizi.
Son surnom «King Of Chile» en branledoullière, notre homme ramone tranquille pendant que ses partenaires jonglent sous les coups de boutoir du double décimètre. Avec Ramon pas besoin de poser la question «Tu l’as sent bien ma bite», la réponse se trouve sur le faciès de ses victimes. La célébrité de Ramon a poussé les «Bang Bros» à lui faire un site sur mesure et à sa dimension. Sur «Monstersofcocks», le Chilien empale en compagnie des copains à trois jambes.

Mais le site le plus déjanté est celui du «MilfHunter» ou traduit respectueusement le «Chasseur de Femmes Matures». Ici pas question de jeunes actrices en devenir, le héros de cette série chope de la «Desperate Housewifes», de la «35-45 ans», de la «qui a déjà vu la bête» et déroulée du câble. Attention, il ne s’agit pas ici de faire dans la gérontophilie, les actrices ont juste quelques kilomètres au compteur !

Notre Chasseur part à la recherche de gallinettes cendrées, il flaire les bonnes proies, puis les baratine et leur sort deux ou trois blagues au con, notre ami étant une sorte de Benoît Poelvoorde de la baise.

Roi de la déconne, le Chasseur l’est aussi quand il s’agit de lutiner ses copines, il fait le zouave, imitant le cow-boy sur la selle d’un taureau de rodéo, faisant tournoyer sa main en l’air, mettant de petites tapettes sur le cul . Cet homme est fou et on se pignole bien, au propre comme au figuré.

Les Milf ressemblent à Madame tout le monde avec quelques spécificités très US, abus de silicone et de collagène. On notera l’apparition des françaises Olivia Del Rio, Liza Harper et Katsumi (bien que dans son cas elle ne fait pas trop Milf avec ses 27 ans) comme quoi le Chasseur sait braconner ailleurs qu’autour de Miami Bitch.


Pour clore le chapitre, quelques titres ironiques de sites de boules :

«Mr Chews Asian Beaver» qui n’est pas un site à la gloire des castors asiatiques de Mr Mâcher, mais ou les queues qui butinent de jolies asiatiques ne sont pas celles des rongeurs suscités !

«Big Sausage Pizza» met en scène des livreurs de Pizza qui remplacent les merguez et le chorizo par leurs saucisses personnels. Attention les gars à ne pas se brûler le zguègue avec l’huile piquante !

«My Sister’s Hot Friend» ou comment baiser les meilleures copines de ta sœur !

«Naughtybookworms» ou des filles un peu gourdes en classe parviennent à convaincre efficacement le prof de leur filer un 20/20 en passant sous le burlingue! Le travail paie toujours !

«Mike’s apartment» ou comment choisir une colocatrice en fondant son audition sur sa façon de manier une teub’ et pas un manche à balai !

«CaptainStabbin» ou comment «La croisière s’amuse» en pervertissant toutes les filles qui montent à bord pour toucher le gros pompon du mousse et mettre la main sur le gouvernail du Capitaine, (aucun lien de parenté avec le légendaire Capitaine Merryl Stubbing du fameux Love Boat).

Pour finir, je vous donnerez un conseil de retraité, détournez votre chemin de tous ces sites car malgré l’angle humoristique que l’on peut apprécier, vous risqueriez d’y perdre une partie de votre innocence, de vous user le chibre et surtout de voir dans la moindre voisine de banquette RER, une candidate à ces casting cochons et si elle est un peu mature, une Milf destinée au Chasseur.

ShooShoo. Août 2006

jeudi, juin 29, 2006

Bleu de Chauffe


Entendu aujourd’hui 29 juin 2006 sur la station de radio RTL, le roi déchu des meilleurs grimpeurs de montagnes en bicyclette, Richard Virenque, s’interroge sur le dopage. Pas dans le vélo. Non. Dans le football. Au détour d’une interview dans laquelle un journaliste, à l’aube d’un nouveau Tour de France, égratigne encore et encore la discipline de son cœur stéroïdé. Mais d’un coup Richard, fatigué d’être une marionnette à l’insu de son plein gré, il nous offre un moment de vérité pas franchement bonne à dire à deux jours d’un France-Brésil qui va faire vibrer du supporter chauvin peinturluré en bleu blanc rouge. Virenque s’interroge sur les contrôles sanguins antidopage inexistants dans une compétition comme la Coupe du Monde. Pire, ces contrôles ont été interdits par la FIFA. Richard laisse poindre ses doutes sur le regain de forme physique de certains joueurs de l’équipe de France. Et il s’y connaît en regain de forme! Il s’interroge que cela ne choque personne. Le soigneur de l’équipe de France a reçu l’ordre de ne pas s’exprimer auprès des journalistes. Guy Roux, le Don Corleon du ballon rond, assure que les joueurs récoltent les fruits du stage de cinq jours à Tignes. La montagne ça les gagnent!! Amorphes devant les Coréens, gonflés à bloc devant leurs cadets espagnols!!

Et Virenque de conclure que les gens seraient bien naïfs de croire qu’il n’y a que dans le vélo que la vie n’est pas claire. Le journaliste paraît un peu gêné. Il doit se dire “Vraiment, qu’est-ce qu’il est con ce Virenque, il veut se griller où quoi?” Les supporters des bleus qui gagnent le considéreront sans doute comme un aigri qui veut salir le foot comme il a sali le vélo. Le journaliste, petit reporter de paix allonge le braquet et l’entretient tourne court. Questions sans suite... Allez les bleus!!

mercredi, juin 14, 2006

Money For Nothing


Mark Knopfler et Emmylou Harris au Zénith, l’affiche était alléchante. J’avoue qu’au départ je ne suis pas un grand fan d’Emmylou, mais un inconditionnel de Mark. Après avoir écouté en boucle pendant plusieurs jours leur très bel album en commun “All the Roadrunning”, je me suis précipité au concert.
Le touché de gratte de Knopfler, sa voix grave et suave qui surf sur des vagues Dire Straits. La reine de la country, la belle Peggy du saloon qui fait tantôt bander, tantôt pleurer les cow-boy....J’étais impatient de voir ça! Vivement que le show commence!

Surtout qu’en ce lundi 12 juin 2006, il fait chaud au Zénith de Paris. Très chaud. Trop chaud. Beaucoup trop chaud. Je suis assis entre deux personnes de forte corpulence en surcharge pondérale (je constate, je ne me moque pas) qui débordent de leur siège en plastique pas du tout confortable. Ecrasés par la chaleur, mes deux gros s’étalent comme des bougies qui coulent. Je ne dis pas qu’un maigrelet de mon espèce sent la rose quand il sue mais franchement, la surcharge pondérale, quand ça transpire, ça crougnoute! Coincés entre mes deux bigbendhommes en eaux non potable, j’ai mal au dos, j’ai le nerf sciatique pas content du tout. Vivement que ça commence. Qu’on oublie notre inconfort. Que le spectacle nous emporte! Le Zénith plein a craqué gronde son impatience, la lumière s’éteint, les applaudissements et les cris enjoués s’élèvent! C’est parti!

Et là, c’est le début de la fin. Les deux artistes entrent en scène comme on se lève pour aller chercher le plateau de fromage à la cuisine. Ils traînent un peu la savate. Tranquilles. Pas de pression. Rien d’extraordinnaire. Juste 5000 personnes en nage qui trépignent d’envie! Emmylou est moulée dans un jean qui ne lui va du tout. Genre cow-boy mais avec le cheval dans la culotte! Elle a un chemisier de mémère, rose avec des géraniums mauves sur les manches! Au départ j’ai cru que c’était une directrice de coopérative agricole qui venait nous parler des fluctuations du cours de la cerise! Mark est assez classe. Jean, chemise noire. Sobre mais son charisme fait le reste. Derrière eux, une batterie de musiciens en polo Gap, limite en bermuda claquettes! Pas pressés de s’installer eux non plus. Le guitariste prend son instrument. S’arrête un temps. Parle avec son voisin bassiste en bras de chemise Kiabi. Il doit il lui dire un truc du genre “Merde, je me souviens plus si j’ai éteint le gaz chez moi en partant des Unitited States!!”
De son côté, Emmylou s’approche du micro et nous lance d’une voix criarde, amplifiée par 100 000 volts, un tonitruant “Hello paris! It’s very hot in here” Merci de nous faire rêver Loulou!!!

Finalement, nos deux compères et leurs potes musicos se lance dans un premier titre. L’enfer!!! Une décharge de décibels insupportable. Un son de punk enragée!! On entend à peine les voix, si ce n’est de temps à autre le cri perçant d’Emmylou qui vous soulève les tympans!

Mise en scène hallucinante!! Chaque fois que Mark Knopfler, mon Mark Knopfler, la légende.... Chaque fois qu’il termine un couplet, il va s’asseoir sur un tabouret près de la batterie, un coin pas du tout éclairé... Il abandonne un instant Loulou qui danse comme une patate chaude en faisant vibrer sa glotte nasillarde dans son micro qui sature... Puis Mark se lève à nouveau, balance deux phrases au micro et s’octroie un nouveau “break-down” sur son tabouret! J’ai d’abord pensé à un problème d’incontinence ou une gastro. Il lui ont mis un Sanibroyeur en cuir dans le schwartz avec une grille de Sudoku, ni vu ni connu! Après j’ai pensé à plein de trucs... Les varices? La phlébite? Les Hémorroïdes? Une tendinite? Une rupture des ligaments croisés en convalescence? Mais pendant que je pensais à tout ça, je ne profitais pas du moment!...

Je me re-concentre et là, à la fin du troisième titre, petite pause entre amis. Loulou boit une demi Vittel, Mark se tapote le visage avec une serviette éponge, le guitariste passe un coup de bigo à son voisin yankee savoir si il peut passer vérifier, rapport au gaz, et pendant qu’il y est, il a laissé un reste de bolognaise dans le frigo, qu’il le prenne pour lui, c’est con de gâcher, elle sont super bonnes, un traiteur sur Main Street, très cher, mais très bon, il fait venir ses bolognaises d’Italie, par jet privé, mais bon quand on a les moyens, je suis quand même le guitariste de Mark Knopfler et Loulou Harris, non pas le pain de mie, la chanteuse!!!

Au même instant, Mark se lance dans des remerciements tous azimut et dans la présentation des musiciens. Une présentation très complète; le nom, le prénom, le nom de jeune fille de leur mère... Et le public ponctue chaque nom cité par une salve d’applaudissements nourris. Le tout dure dix minutes.

Finalement réhydratée, Loulou se lance dans trois titres en solo d’une tristesse et d’une lenteur magistrale. De la countriste!! Sans émotions. Mark l’accompagne de quelques riffs bien sentis. Il a l’air de s’éclater comme un dingue! Pas nous. Ensuite ce fut au tour de Mark de chanter et à Loulou de l’accompagner. Chacun son tour! Loulou ne l’accompagnera que le temps d’une chanson. Après elle s’est barrée un quart d’heure. Je ne sais pas où! J’ai émis plusieurs hypothèses mais je vous les épargne!

Mark a donc chanté trois titres tout seul. Sans doute un pure moment de bonheur si le régisseur avait voulu se retirer les doigts du cul pour baisser le son et nous mettre la musique derrière la voix!! Après ces chansons saccagées, Mark nous annonce l’entrée de la seule et unique “Emmylououou Haarriss” Et Loulou revient sur scène comme si elle n’y était pas encore apparu” Alzheimer, peut-être qu’il souffre d’Alzheimer!! Merde! Trois fois merde!!
Loulou s’approche du micro et nous scande un tonitruant:
” I came in Paris thirty years ago!!!”.... Super!! Merci Loulou!!

J’avais envie de leur lancer des vestes à paillettes, des chapeaux de cow-boy, de passer en régie et de décider de leur playlist. Trois cachets de Guronsan chacun, tout le monde debout et que la fête commence!!!

Au bout du compte, je me suis levé seul, j’ai dérangé mes gros voisins, jai sauté une petite balustrade et j’ai quitté la salle! Je suis sorti du Zénith... au plus bas!

vendredi, juin 02, 2006

Il allume des bougies.

Le temps prend son temps, mais ne suspend jamais son vol. Il prend ses aises, à l’aise. Insidieusement, il se glisse dans les rigoles d’une peau qui s’épaissit. Sans en avoir l’air, il connaît la chanson. Et par cœur il la chantonne sur les visages et sur les corps. Il sollicite les âmes, les cœurs. Il met à l’épreuve la ténacité, le bonheur et les rêves. Il forge aussi. Il fait grandir l’enfant. Il prépare, endurcit. Il nous aide à entrevoir les lourdes portes de la raison. La sagesse, dit-on. Le temps fait oublier qu’il passe, obstinément.

Il allume des bougies. 33. Putain, l’âge du Christ. Des conneries tout ça. Comme la plupart, il a sûrement été flirter avec la nostalgie, mais pas longtemps. Juste un peu pour le bide. Et puis aujourd'hui, il se sent bien. Il aime et il est aimé. Sa vie est belle. Alors son temps, il a décidé de le prendre et de ne pas le perdre.

Un rossif birsdav au Maître de ces lieux !!!

Fourettes Princières


Combien de queutards, plus ou moins illustres, ont semé leurs petites graines fertiles sur des tas de pelouses sans jamais en assumer la récolte? Beaucoup si l’on en croit le nombre de rejetons éperdus qui courent après leur identité des mairies de leur naissance jusqu’aux talk shows les plus sordides. Et bien Alexandre et Jazmin, en attendant les autres, n’auront pas cette déveine. Papa va leur éviter cette course épuisante et destructrice. Papa c’est Albert, le prince de Monaco.

Certes, des analyses ADN, des pressions médiatiques et politiques le mettent peut-être dos au Rocher. Contraint de reconnaître.

Certes, quand il rentre le soir au Palais, il n’a pas une bonne femme qui le traite de mari indigne d’avoir été fourré son mastard dans des traînées! Salaud! Connard! Après tout ce que j’ai fait pour toi!! T’es bien comme ton père!!

Certes il n'a pas non plus trois mouflets légitimes qui l’attendent sur le pas de la porte en criant “Papounet” quand il rentre du bureau.

Certes, dans une société somme toute encore assez réac, c’est pas plus mal de passer pour un homme à femmes que pour une petite tarlouze!

Certes et encore certes, mais combien de raisons d’Etat ou personnelles aurait-il pu invoquer pour se défiler face à cette ribambelle?
Combien de principes en principauté lui auraient permis de s’arranger avec sa conscience pour éviter de reconnaître ses deux marmots?
On peut imaginer sans risques que pas mal de fourreurs de ses dames n’auraient jamais accepter de faire entrer dans leur famille, absolument pas princières, un bamboulais et une amerloque!

Albert de Monaco offre à ces deux enfants, au delà des moyens financiers dù à sa condition, une reconnaissance, un goût d’avoir été désiré qui n’a pas de prix.

Pour le coup, ce Prince là est un seigneur!

jeudi, juin 01, 2006

Rémy


On ne met pas sa tête entre les mains de n'importe qui. Et pas besoin d'avoir la cafetière sur le billot pour s'en rendre compte.
Desproges, dieu le parfume, portait une haine tenace envers la confrérie des "capilliculteurs", beaufs embagousés, aux doigts boudinés et dont l'epaisseur de la conversation est inversement proportionnelle a la taille de la gourmette.

Sans même mentionner le coût de l'opération, souvent dolosif, chaque passage chez le merlan est une epreuve dont seuls les chanceux, maris de la coiffeuse ou chauves peuvent se dispenser.


Lors de mon premier sejour "longue durée" dans les contrées de l'ouest canadien, j'avais déniché une solution sympa, peu onéreuse et enrichissante afin d'accomoder ma condition capillaire.
Au coin de la rue officiait un "barbier", puisque c'est ainsi qu'on les appelle ici, à l'échoppe modeste et à vrai dire peu amène.
Pratique et sans chichis, l'officine ne payait pas de mine. Le traditionnel lampion rotatif bleu blanc rouge était chargé d'éclairer les rares passants sur le type de négoce pratiqué.

Ayant vu croitre sur mon occiput une tignasse épaisse, je finissais par me décider et franchir le rubicon : d'un pas hesitant j'entrai dans la boutique.
Loin de l'ambiance de fourmilière du grand salon, le taulier officiait seul, proposant au client un antique siège en cuir; les deux autres fauteuils disposés de part et d'autre semblant quant à eux faire seulement partie du decorum.
Après les premiers échanges classiques, relatifs aux modalités de la coupe, la conversation se fit naturellement, bientot boostée par l'aveu de ma nationalité.

Mon barbier étant quebecois et très francophile, les sujets abondaient...

Petit bonhomme flottant dans un pantalon tout juste tenu par de larges bretelles, les yeux rieurs surplombant des bacchantes fournies, mon barbier avait des airs tres prononcés de Maurice Chevit (connu de la plus jeune génération pour son interpretation du perruquier farceur Marius dans "les Bronzés font du Ski"). La soixantaine tardive, Remy, puisque tel etait son nom, avait comme la plupart des "cousins" du Québec le tutoiement facile.

Les ciseaux agiles, la main virevoltante, il déroulait entre pattes et dégradés le fil de ses souvenirs parisiens, aimait à s'enquerir des pratiques de ses collègues barbiers francais; partageait ses souvenirs d'enfance dans le grand nord canadien, son père originaire du sud ouest de la France, Cadillac si mes souvenirs sont exacts.

Le rythme de mes visites chez le coiffeur augmenta donc franchement. En plus du cout modique (7 $, soit... 35 francs de l'époque !), d'une coupe de qualité (et donc pas le duo sabot-tondeuse en un quart d'heure merci-au-revoir), c'était un depaysement total. Remy vouait une passion à la chanson, à l'opera. Quand il etait d'humeur primesautiere, ce qui était souvent le cas, il se lancait dans un recital impromptu, haut en couleurs et en decibels. Sonnant souvent juste d'ailleurs, mais profondément drôle, cocasse. Son salon était peuplé de petites statuettes en plâtre de Pavarotti en tenue d'apparat, foulard a la main. A differents stades d'evolution, de peinture, plus ou moins achevees, ces repliques du maestro constituaient comme une micro armée de beuglards éclopés, oompas loompas de pacotille regardant les tifs tomber.

Il était rare de devoir attendre son tour; Remy n'etant de coutume pas surchargé de travail. Quand par hasard un autre habitué etait venu tenter sa chance, il y avait toujours deux ou trois magazines trash, ou magazines "pournous" à feuilleter. Si l'envie vous en manquait, ou si la pudeur vous freinait, Remy, d'un clin d'oeil complice et libidineux, apportait une note d'encouragement virile.

Parfois, la visite pouvait s'avérer plus... aventureuse. Remy, qui crechait dans le fond de son boui-boui avec sa "partenaire", une philippine de 20 ans sa cadette, allait parfois faire un tour au "Liquor Store", fort opportunement situé de l'autre cote de la rue. Il sirotait son whisky, pépère dans son arrière boutique, en se déchenillant tranquille. Il m'est arrivé d'entrer dans son salon et de le trouver, l'oeil vitreux, la mine pas fraiche, comatant devant la télé. Il insistait dans ce cas pour ne pas voir s'envoler le client. Il fallait alors prendre le risque, s'assoir sur le fauteuil et serrer les miches quand il fignolait la coupe au rasoir... ou trouver un pretexte fallacieux et deguerpir fissa.

J'ai, au fil des visites, eu l'occasion de vanter les mérites d'une telle adresse aupres de quelques amibes francais locaux ou de passage. Certains ont hesité, prefere passer leur tour. D'autres ont accepté de tenter l'experience. L'Helvète, à Vancouver pour une petite visite de courtoisie, avait ainsi posé son séant sur le cuir du fauteuil. Au terme d'une coupe rondement menée, bien ficelée, je vis le barbier volubile se saisir d'un coupe chou pointu, se pencher vers mon Helvète et lui annoncer, de son accent luxuriant :

-"à présent, Antoine, j'men vais t'couper les poils du nez...
- de... hein .. ? euhyeu... c'est à dire euh... est-ce bien nécéssaire ??
- ben, c'est fort disgracieux ça depasse ... lô (il designe la narine incriminée)

Je fis mes au-revoir en bonne et due forme avant mon retour en France, me promettant un retour prochain pour un rafraichissement capillaire de bon aloi.

Ainsi à Maisons Alfort, alors qu'une jeune coiffeuse me massait le crane au bac a shampooing, tout en s'engageant dans une conversation banale à la poursuite d'un improbable pourliche, je mesurais brutalement l'ampleur du changement...

De passage a Vancouver quelques mois plus tard, je comptais faire escale chez mon barbier folklorique. Juste le temps de constater qu'une autre boutique avait investi les lieux... Pas de trace de l'ancien locataire... De l'avis general, Remy avait très probablement cassé sa pipe...

L'histoire aurait pu s'arrêter là.
Heureusement,non.

Hasard farceur, il y a deux jours de cela, faisant quelques emplettes au supermarché du coin, devinez sur qui je tombe, nez à nez, entre les barils de lessive et le PQ ?
Le suspense etant en tout point intesoutenable, je vous la ferai brêve :

Casquette vissée sur la tete, le regard perdu dans le vague, poussant un caddie et poursuivant sa philippine, ou le contraire, mon barbier semblait absorbé dans ses pensees. Quelque peu amaigri, mais comme moins marqué par l'alcool, Remy me remet. Echange de banalités. La retraite. La vie qui suit son cours. La famille. La vie...
45 secondes d'une conversation enjouée, polie.
Des " à bientot" des circonstance.
Mais surtout un petit moment de bonheur, gratuit, léger.
Des souvenirs qui resurgissent...
On repart d'un pas plus alerte, affronter la pluie...
et l'on s'en va, la mine rejouie, faire partager ce plaisir simple à ses amis jbebs...

vendredi, mai 19, 2006

Changement de décor

18 mai, Kitsilano Beach.
On est jeudi, il est 15heures.
Minuit "french time".

Ciel immaculé, soleil éclatant. A vue de nez, les sommets voisins sont encore enneigés, mais le cul bien réchauffé par le sable, tranquillement adossé à un de ces inombrables troncs d'arbres, usés et roulés par la mer, on est bien, tintin. Quelques téméraires, ou inconscients, c'est selon, s'ébrouent dans une eau qui n'est pas sans évoquer le Touquet plage en hiver.
Pour le reste, c'est ambiance Baywatch, Arlette à Mâle Hibou; les corps exultent. Pas un gamin à la ronde : exit les pelles, les seaux et les châteaux de sable. Dehors les familles, les vieux, les philosophes, les moches, les gros, les poils, les bobs ricard, les parasols, les bottes et les pêcheurs.



Les jeunes gommeux qui, tout au long de l'année ont sué à soulever de la fonte dans une salle de gym obscure, peuvent enfin parader. Les poulettes les reluquent attentivement derrière leurs lunettes de soleil panoramiques. Les chipstas de tous poils (ou plus exactement sans poils), Paris Hilton de supérette, les pépés péroxidées s'éclatent. Les budgets investis en piercing, tatovages, UV, bikinis, épilations, liposuccions et faux nichons sont finalement amortis.
Des marmules bondissantes et suintantes se défient au beach volley, pour l'occasion pas loin du "bitch volley" tant les filles, l'air concupiscent, s'agitent et gloussent autour des filets.

Quelques gaziers tatoués ont pris la peine d'apporter leur ghetto blaster, qui crache alternativement les hits de GREEN DAY ou OFFSPRING. On est djeunz, on est fous, on est wock'n'woll.

Des jeunes boutonneux, à la fraîche, font tourner un reste de joint; sacrifiant à la bronzette, personne n'a oublié de se oindre consciencieusement, d'où les effluves de monoi et de coco qui flottent sur le sable.

Je ne sais plus si c'est Kant ou Voulzy qui a dit "Le soleil donne... de l'or intelligent, Le soleil donne... la meme couleur aux gens... la meme couleur aux gens... gentiment"
M'est avis qu'en dehors de la rime, riche, le gars s'est mis le doigt dans l'oeil.
D'abord, demandez donc à un rouquin (speciale dédicace) s'il prend des coups de soleil gentiment. Qui plus est, je doute que ce dernier finisse par cuire en évitant sa teinte de prédilection, le fameux rouge "écrevisse". Pour "la meme couleur aux gens"... vous repasserez...

"de l'or intelligent" ... Autant un temps blaffard et pluvieux est propice à l'introspection, au spleen poétique, autant trois rayons estivaux invitent au réveil d'instincts plus "basiques".
Le gris, surtout à dose raisonnée, magnifie la tristesse, sonde l'âme de l'homme. Le bleu est rieur, primesautier, superficiel. Rigolo mais.. demago.
FTDM

mardi, mars 07, 2006

La somme des sentiments... et plus si affinités

Je ne sais comment est venue cette reflexion. Ou plutot, si : je longeais les pistes de l'aéroport « Tcharlzz deGoal » sur la nationale 2. Matinée lumineuse, le manteau neigeux fondant paisiblement sous les rayons du soleil hivernal. A l'exception de quelques gros culs dont c'est le terrain de jeu, la route est déserte. Qui irait se perdre à Villers Côterets un mardi matin du mois de février ?

Vue dégagée sur les gros porteurs en approche. Un ballet bien reglé, un défilé huilé. Des centaines de tonnes d'acier se posent comme des fleurs, toutes les minutes et demie..



Au moment où un 747 rutillant termine son approche et se pose en douceur, ce qui me frappe, c'est, non pas le tonnage et l'aspect physico-aéronautico-couscous, mais davantage la charge émotionnelle concentrée dans ce long courrier. La somme d'excitations, d'appréhensions, d'espoirs, d'attentes, de peurs, de bonheur, et, et, et... de statistiques à la con... Confinés dans cette carlingue pendant 15 heures, à 1000 kilomètres heure, des quidams n'ayant rien en commun. Fatigués, tendus, énervés, privés de sommeil... Bon, je pars demain, uniquement histoire de vérifier ces stats, mais a priori, ça doit donner, à vue de nez...

(inventaire à la Prévert, à compléter... pour qui qui n'en veut)


350 personnes.

7 couples en lune de miel

25 nationalités.

23 phobiques sous tranxen

13 couvertures volées

13 langues

6 religions

3 trous d'air

700 plateaux repas

25 baptisés de l'air

1 rock star

3 sacs à vomis "usagés"

2 traficants le bide plein de sachets d'héroïne

3 UM, unaccompanied Minor, avec 12 livres de coloriages chacun

22 hommes d'affaires prêt à signer des contrats d'une valeur cumulée de 200 millions d'euros.

15 routards

53 grilles de Sudoku noircies

1 truand en cavale

238 serrage de fesses au décollage

215 petits soulagements à l'atterrissage

1 flic en civil

6 expatriés

50 anxieux sous sédatifs

2 stewards enfermés dans la cabine « crew »

3 bébés en pleurs

105 passagers ne trouvant pas le sommeil

5 lourdingues reluquant l'hôtesse de façon lubrique

400 mignonettes d'alcool

5 passagers totalement dechenillés

8 personnes se rendant à un mariage

2 personnes se rendant à un enterrement

102 personnes sur le point de retrouver des proches

1 Francis Lalanne

130 touristes de retour de vacances et déprimés

5 chanceux assis juste devant les toilettes

100 touristes excités arrivant à destination

lundi, janvier 16, 2006

Nouveau Parfum


Je fais suite à mon post d'hier...
Pour ceux qui ont des idées de slogans... n'hésitez pas, commentezzzzzzzzz.
Je propose :
"Dakar Noir : le Parfum des aventuriers crétins"
"Dakar Noir : l'effluve du mal"
"Dakar Noir" : Pour aller jusqu'au bout de la Brousse"
"Dakar Noir : toute l'Afrique à votre pogne"...
etc... etc...

dimanche, janvier 15, 2006

Lettre ouverte au Boss

Cher Bruce,

Pour mon retour aux affaires sur ce jbeblog que j’ai malheureusement déserté ces derniers mois, je cherchais un sujet qui me tenait à cœur, j’avais envie de prendre la parole en tant que « fan » (si vous voulez bien me passer ce terme un peu midinette…) de longue date, et je voulais parler musique.
Cela étant posé, le choix de sujets a commencé à se restreindre sérieusement…J’aurais ainsi pu évoquer H-F Thiéfaine, Ben Harper, Bertignac ou encore Miossec (et oui, j’ai toujours eu une certaine tendresse pour le Brestoâââ…), mais ce sera pour une autre fois.
En effet, chronologiquement, ma rencontre musicale avec vous me semble être la plus ancienne de celles qui comptent encore pour moi aujourd’hui…

Resituons le contexte…

Nous sommes en 1988, j’ai dans les 16 ans. Musicalement, je reviens de loin : avant le lycée, je me rappelle avoir acheté une cassette de Genesis (« Invisible touch », pour être précis. Je ne renie pas en bloc, mais je pense que j’aurais du mal à l’écouter aujourd’hui…), et surtout une autre de Richard Marx (« Repeat offender », si je me souviens bien, tout émoustillé que j’étais par le tube lacrymal « Right here waiting »…Là, j’ai plus de mal à assumer…). A ça vient s’ajouter la soupe FM que sert Radio Contact (l’ancêtre briochine [de St Brieuc…] de NRJ, qui arrivera un peu après). Autant dire que je suis encore loin de la rock’n’roll attitude…
Fort heureusement, arrive le lycée et la rencontre avec un copain qui m’initie à Dire Straits : là, je commence à remonter la pente, je m’intéresse au son de la guitare, aux vraies bonnes chansons, à l’instrumentation, etc…Mon identité musicale commence petit à petit à se dessiner, mais je ne suis pas à l’abri d’une rechute : ainsi, toujours pendant l’année de seconde, un autre copain réussit à me convaincre que Barclay James Harvest (groupe anglais qui fait de la musique progressive, une sorte de sous-Queen), c’est vachement bien…

Toujours est-il qu’en ce samedi de 1988, je traîne dans ma chambre avant d’aller à mon entraînement d’athlé (à l’époque, je ne suis pas encore « tout pour la musique », mais plutôt « tout pour le sport »…D’ailleurs, je n’ai appris l’existence des filles que bien après, on ne peut pas tout faire en même temps…), avec RFM en fond sonore (c’était bien avant l’époque « La radio en or », et donc encore écoutable, comme va le prouver ce qui suit), quand soudain… !!!

Une intro lancinante et déchirante à l’harmonica vient de remplir l’espace de ma chambre d’ado ploufraganais…Ni une ni deux, je ne sais pas pourquoi, mais cette chanson que je n’ai encore jamais entendue, en une fraction de seconde j’ai envie de l’enregistrer…Heureusement, je suis un garçon organisé, et j’ai une cassette vierge déjà installée dans mon magnéto : j’appuie sur REC et j’écoute, pour m’assurer que le reste est à la hauteur de la 1e seconde…

C’est donc mon 1er contact musical avec vous, mon cher Bruce, et il s’agit de « The river », ballade à la mélancolie chevillée au corps, tirée de l’album du même nom (sorti en 1980) : l’histoire de 2 jeunes prolos du New-Jersey, trop vite mariés, trop vite parents, trop vite au chômage, avec cette envie d’en finir suggérée dans ce texte d’une grande force…C’est sûr, ce n’est pas « Tirilipimpon sur le Chihuahua » ou « Le petit bonhomme en mousse » : pour le côté gaudriole on n’est pas à la bonne adresse, mais putain, quelle chanson ! En plus, vous l’interprétez (le mot est même faible) de votre voix rocailleuse qui prend aux tripes, soutenu par un groupe où tout le monde est à sa place, où personne n’en fait des tonnes, entre harmonica, guitare acoustique et piano…D’ailleurs, pour vous montrer que je ne suis pas un « fan » au sens « fanatique » du terme, permettez-moi de vous dire que cette sobriété n’est pas ce qui vous a le plus caractérisé à certaines époques, mais j’y reviendrai un peu plus tard…

C’était donc en 1988, mais cette première étape importante n’a pas eu de suite immédiate : il a fallu attendre 1992 et mes grands débuts à l’harmonica pour voir réapparaître cette chanson, et vous avec, dans mon univers musical. En effet, alors qu’on était en Ecole de Commerce avec mon ami Tuff, celui-ci avait organisé une soirée guitare avec une apprenti-chanteuse que je kiffais sévère…Et bien sûr, pour ne pas faire banquette, musicalement parlant, je suis allé m’acheter un harmonica et une méthode 2 ou 3 jours avant, histoire d’emballer avec « Michaël est de retour », Do-Fa-Sol (c’est bien connu, l’harmonica, c’est l’arme au Nico…).
Tout ça pour dire que je n’ai pas conclu avec Céline H, l’apprenti-chanteuse en question (syndrome « friend zone », je pense…), en revanche le duo guitare-harmonica avec Tuff s’est bien installé, et « The river » a été le premier morceau qu’on a travaillé ensemble, et qu’on a joué lors de nombreuses soirées (y compris lors de la soirée café-théâtre, devant toute l’école, ma 1e scène…), dans une version plutôt approximative techniquement (comme en témoignent certains enregistrements de l’époque)…Mais comme ni nous ni la grande majorité de nos « publics » ne s’en apercevait, ça ne gênait personne, et Tuff et moi, on interprétait ce morceau avec une fraîcheur et une candeur plutôt touchantes, quand on y repense…

Mais si vous vous résumiez à un seul morceau, si vous n’aviez été qu’un « one-hit wonder » ou si, au mieux, vous n’aviez sorti qu’un bon album et basta, on n’en serait pas là, je ne serais pas en train d’écrire un article sur vous dans le Jbeblog au lieu de regarder Fogiel en ce dimanche soir…
Ce qui est étonnant chez vous, pour ne pas dire fascinant, c’est la richesse et la variété de votre discographie, entre « Greetings from Asbury park, N.J. » (1973) et « Devils & dust » (2005) : l’encombrant héritage dylanien des tout débuts s’est vite transformé en un talent unique pour raconter l’Amérique des perdants, ou simplement des petites gens, des « blue collars », l’Amérique de ceux qui sont passés à côté du « american dream »…Les années 80 vous ont vu, à l’apogée de votre popularité, incarner à votre corps défendant l’Amérique reaganienne, alors que « Born in the USA », promu comme quasi-hymne officiel par Reagan lui-même (qui n’avait dû lire que le titre), prétendait au contraire traiter des retombées psychologiques de la guerre du Vietnam…L’album « Born to run » (1975) avait déjà de quoi tromper tous ceux qui ne prenaient pas la peine de lire vos textes : ainsi, la chanson titre, sous des dehors d’hymne exalté, était en fait la chronique d’une jeunesse flouée, écrasée par des mythes inaccessibles (l’ « american dream », encore).

Cela dit, pour être franc avec vous, ce n’est pas cette période des années 80 que je préfère, trouvant les arrangements de votre groupe souvent pompiers, et votre look « Rambo » de l’époque, disons…discutable.
En revanche, quand vous revenez en 1994 avec « Streets of Philadelphia », votre son a changé, votre look aussi…Votre charisme et votre talent de songwriter, eux, sont toujours là…C’est particulièrement flagrant quand sort « The ghost of Tom Joad » (1995), album solo acoustique, sous-titré « Douze chroniques sur les oubliés de l’Amérique », où vous évoquez entre autre le fantôme des « Raisins de la colère » de John Steinbeck. Il n’y a pas à dire, quand vous vous installez devant votre 4-pistes avec votre guitare en bois pour parler de la face sombre de votre pays, ce n’est pas gai, mais c’est fascinant…
Et vous enfoncez le clou, dans un autre genre, avec « The rising » (2002), album entier post-11 septembre, où vous parlez de la douleur, de l’absence, mais aussi et surtout où vous exhortez vos compatriotes à se relever de cette épreuve et à regarder devant eux. Encore une fois, la cohérence et la force de cet album, en prise directe avec le peuple américain, sont impressionnantes…

Alors, que retenir de vous, finalement ? Peut-être simplement que vous êtes un raconteur d’histoires hors pair, doublé d’un compositeur extrêmement efficace…J’ai encore pu le constater très récemment, alors que j’étais tombé, au hasard de téléchargements sur Shareaza (je sais, c’est pas bien), sur l’émission « Storytellers – VH1 », qui se trouve être ce que j’ai vu de plus fascinant depuis longtemps en matière d’émission musicale. Le concept est d’une simplicité biblique : pas d’animateur, un public respectueux qui ne joue pas aux otaries pavloviennes, et un songwriter confirmé vient jouer certains de ses morceaux en solo et surtout les expliquer (inspiration, contexte de l’époque, références, etc…). Autant dire que vous êtes le client idéal pour une émission de ce genre, et que vous voir reprendre en acoustique certains de vos hymnes des années 80 (« Thunder road », « Born to run », entre autres), tout en faisant preuve de pas mal d’auto-dérision sur certains textes de l’époque, eh bien ça m’a tout simplement scotché…

Il y aurait beaucoup à dire encore, mais je vais conclure en mentionnant un autre bootleg récupéré sur Internet : il s’agit d’une séquence vidéo où on vous voit improviser un petit concert dans une rue piétonne de Copenhague, en vous joignant à un guitariste de rue à qui ça a dû faire tout drôle de voir débarquer le Boss, pour un « The river » en duo…Tout ça pour dire que si vous passez par Paris, n’hésitez pas à aller vous balader sur les quais, du côté de Notre-Dame, on ne sait jamais, j’y traîne parfois…(après tout, le 21 juin dernier, on a bien eu Moby qui est passé devant nous à cet endroit…)