
andahappiniouyir !
Pour tout dire, ça n'a pas été fantastique, et je me souviens ne pas avoir bien dormi : il était bruyant et prenait trop de place dans le lit. Peu importe, l'expèrience était nouvelle, excitante.
Je l'avais attendu pendant de longs mois. La plupart de mes petits camarades en parlaient à longueur de journées; mettant en avant leurs mérites comparatifs.
Cela dit, j'avais bien fait d'attendre, de ne pas me jeter sur le premier venu. Le mien était beau, et son sticker orange fluo “Sony” dégageait une aura qui criait "on s'est pas foutu d'ma gueule" !.
Blanc, le boitier en partie transparent, il laissait entrevoir le bon défilement de la cassette. Un détail pas toujours anodin, quand à l'instar de leurs ancêtres les mange-disques, certains "balladeurs" avaient la tendance à avaler la bande...
Il fallait réussir à se procurer trois piles pour actionner un mécanisme que je soupçonnais à la pointe de la technologie, mais son autonomie était catastrophique, si bien que rembobiner une chanson afin de la ré-écouter était un plaisir très coupable. D'où la technique imparable dite du “crayon” pour rembobiner manuellement les cassettes...
Se faire offrir son premier walkman était seulement un point de départ d'une (que)quête ultime, restait ensuite à se procurer des cassettes, et surtout, de la “bonne musique”.
A cet égard, le Top 50 pouvait être considéré avec un certain respect; un prescripteur de tendances, de tubes mémorables, qu'on se devait de posséder pour ne pas passer pour le dernier des has-been.
Pour cela, plusieurs méthodes :
Méthode onéreuse, et donc limitée, à moins de s'appeler Rotschild, ou... Thooris. Méthode simpliste, directe, efficace, consistant à mettre sur sa liste de noël ou d'anniversaire la cassette d'un artiste en vue... JJ Goldman et sa cravatte en cuir, Madonna, voire U2 ou Police pour plus pointus. Ou sinon, un des nombreux “hit parade", qui font aujourd'hui les délices des soirées rétros, des Di'djis qui ambiancent dans les mariages dans le 77, entre la danse des Canards et le dernier tube de Shakira...
Anecdote à ce sujet, je me souviens avoir demandé à mon père à l'époque quel était le "vrai" nom de Jean-Jacques Goldman. Après tout, Spiderman = Peter Parker, Batman=Bruce Wayne, etc. A ce tarif, Goldman, c'était un nom de scène... "Les enfants sont formmmmmidables !"
2) Méthode dite du "chacal"
Accepter d'accompagner ses parents, grands parents, voisins, à Euromarché. Officiellement pour “aller en commissions” (expression devenue désuette depuis.) En réalité, la manoeuvre, hautement sournoise, consistait à aider pendant le premier tiers du parcours, histoire de créer des conditions favorables, avant profiter de l'attendrissement provoqué pour tenter d'extorquer le dernier 45 tours top tendance. A choisir, par exemple, “Commanchero” (de Moon Ray), “Life is Life” (de Opus) ou encore le fameux “Macumba” de Jean Pierre Mader. On n'oubliera pas, dans ce cas, d'écrire au stylo bic s'il vous plait, son nom, en haut à gauche, pour ne pas se faire barboter le précieux 45t lors d'une boom à laquelle on espère bien être invité.
Il ne restait plus, ensuite, qu'à poser la petite rondelle-adaptateur sur la platine, poser le diamant sur le pourtour du 45 tours (sans mettre les doigts dessus nondoudjiou !!) avec une précision de sniper yougoslave, en sortant la langue, comme pour mieux se concentrer. Puis enclencher, de deux doigts fermes (majeur et index, dans la majorité des cas) les touches “O” et “>” du magnéto-cassette. Ni trop tôt (pour ne pas avoir trop de blanc), ni trop tard (pour ne pas manquer les premières mesures).
3) Méthode dite de "l'épervier"
Pour cette technique, il fallait être vif, patient, et sur le qui-vive. "Réactif", comme on dit aujourd'hui dans les SSII du 92...
En résumé : trouver, à tâtons sur sa molette une radio à la mode, genre “NRJ”, mettre son magnéto (serge) en position d'enregistrement, et sur pause. Restait ensuite à tenter de faire ses exercices de maths pour le lendemain, tout en gardant une oreille attentive sur la radio. Sitôt résonnant les premières notes d'un tube recherché, bondir de la chaise, cadrage-débordement sur le canapé, double contact couscous pour éliminer la table basse,, et applatir d'un doigt victorieux la touche pause. On aurait dés lors LE morceau tant souhaité, mais on pourrait ensuite maudir jusqu'à la VII eme génération l'animateur-crétin, qui, en continuant de causer, polluait le début de l'enregistrement. Des propos badins qu'il faudrait pourtant se tortorer des dizaines de fois, pendant des années, au gré des écoutes à venir.
Ainsi armé d'une cassette top-moumoutte/home made, de piles en état de marche, on pouvait, enfin, se payer le luxe Ô combien jouissif d'aller se promener, triomphant, de la musique sur les oreilles... Le Walkman, quelle invention !
Avance rapide... (merde, les piles !!!) Au fil des années, il s'est amainci, perfectionné, embelli. Auto-reverse, radio, chargeurs, design...
Puis vint l'avènement du Discman.
Puis le lecteur Mp3...
Voyant que je lorgnais sur le dernier Ipod nano, ma femme (Monique, si tu nous écoutes !) a eu la riche idée (c'est le cas de le dire) de me l'offrir.
Sans vouloir faire la pub de l'engin (qui n'en a pas vraiment besoin), ce petit gadget, à l'instar de ses concurrents, a des possibilités énormes. Je vous passe le couplet sur “le chemin parcouru”, le progrès et temps qui passe. Pour le coup, c'était pas forcément mieux a'vang...
En chargeant la “bête” l'autre jour de près de 500 titres, j'ai fait une sélection très rapide et particulièrement eccléctique, à la “va-là comme j'te pousse”.Le but était de faire face aux différentes occasions, satisfaire différentes humeurs.
C'est ainsi que j'ai ri, seul, bêtement, l'autre jour en plein centre ville de Vancouver. En lecture aléatoire, je finissais d'écouter une chanson probablement sérieuse, adulte, sombre... anglo-saxonne. Elle collait bien : moi, marchant, pensif, au milieu d'une foule compacte et anonyme, entre quelques buildings aux allures futuristes. On est en 2006, on est à Vancouver.
Et puis retentissent les premières notes, dépouillées, rigolotes, basiques, surranées d'une chanson enfouie loin, du côté d'Athis Mons...
"La Froumi veut pas donner son miam... MIAM
La Froumi veut pas donner son miam... MIAM..." (...)
a n'était ne fois ptite froumi relasque
por ne que navait ne steréo fifi ne mini crasquette
ne lave crecelle branque et ne frigérateur
La cigale est dans le show business ness
mais elle ne veut pas montrer ses fesses
fesses
alors pour bouffer quand même
elle va au buffet du midem
elle butine dans les coktails à Cannes
Cannes Cannes Cannes Cannes
La froumi veut pas donner son miam miam
Et moi, seul dans ce flot d'inconnus, de partir dans une quinte de rire, auto-nourrie par l'incongru, le décallage de la situation...
cours de laquelle j’ai quand même fait la connaissance de mecs assez sympas (pas de filles, ohhh non, elles sont encore à l’époque un concept un peu abstrait…), notamment un gars avec qui ça avait plutôt mal commencé.
Je ne suis pas un fan transi du barde d’Astaffort, mais ce moment là, c’est comme si c’était hier. Je pense que ça tient autant à la chanson qu’au gars qui l’a interprété ce soir-là, qui n’allait pas tarder à devenir un ami…J’en profite pour dire que je lui dois beaucoup, ne serait-ce que d’un point de vue musical, puisque c’est ce moment précis, entre autres, qui m’a donné envie de me mettre à la gratte…Et c’est pour ça que j’ai pris le temps pour en parler longuement, avant d’en venir à la chanson en elle-même…
En tout cas, il y a 15 ans, on était encore loin de tout ça, le minitel était à son apogée, avoir un discman était l’apanage de quelques avant-gardistes, les Renault 11 étaient à la mode et j’écoutais cette chanson avec un esprit encore pur et vierge…Le fait est que la chanson et le contexte de sa (re)découverte ont engendré un souvenir indélébile, d’autant plus fort qu’il marque à peu près distinctement le début de mon envie de faire de la musique (eh oui, j’ose le dire, je prends position, je suis un vrai gueudin : mes 3 années de flûte à bec quand j’étais au lycée ne comptent pas…). Et rien que pour ça, merci Francis et merci Tuff’ !!! Merci les gars, de la part de ma Guild et moi...En cette période de massive transhumance jbébique, il tient ferme la barre du bateau. Oh oui, Mitch ! Tel le marin breton affrontant les éléments, tel un ohé-ohé-capitaine-abandonné seul sur le pont, tel le mousse des 40eme buanderies rugissantes, tel le héraut de la Jeanne, Nico nous nourrit de son concept. Concoctés au chaud dans son intemporel repère "Reuillois", ses posts sont une bouffée d'air frais musical. Un jour, une chanson; "Soundtrack of our lives" en somme, comme dirait JC Van Damme de Elle-eh.
Au risque de polluer le monologue, je m'immisce, et point de circonvolutions déjà pesantes, je me lance...
Mars 1990. Je suis en première. Un échange est organisé avec la bourgade de Beverley, Massachusetts. Là où j'avais eu la scoumoune deux ans auparavant, en Allemagne et surtout en Angleterre, cette fois, je tire la queue du Mickey : mon correspondant, Scott, est un rouquin affable et rigolo. Il m'a à la bonne. J'ai même la chance de rencontrer ses parents à Paris avant de me rendre aux 'Stazinis. Barb' & Chuck Wicke (prononcé "Wiki") sont des globe-trotters curieux, ouverts sur le monde... démocrates. Moralité, je suis reçu dans leur grande et belle maison en lisière de forêt comme un nabab, avec les égards pas forcément dus à mon rang de "Fromage qui pue".
Beverley, c'est la "Suburbia Americana" typique des feuilletons : à une petite demie heure au nord de Boston, c'est une banlieue aisée, aérée, bourgeoise. Dans ce berceau de l'amérique Wasp, on se veut plus proche des Kennedy que des red-necks texans.
Entre visites à Boston, Cape Cod, New York, des semblants de cours à la high school locale le matin, basket ou tennis avec des autochtones, les soirées sont libres...
L'idée, c'est donc d'avaler le bitume, tranquille, "cruisin' "... comme ils disent. Un stop pour une pizza, une visite chez un amibe, une partie de foot américain improvisée sur la plage... Un truc un peu fou, un parfum de liberté. C'est l'amérique bordel !
A ce point, la différence essentielle entre un ado de Beverley et de Joinville-le-pont, c'est que le jeune amerloque peut conduire librement dès l'âge de 16 ans. C'est peut être un détail pour vous, mais à cet âge, ça veut dire beaucoup.... Simplement, rouler tranquillement, à sa guise, décontracté du flanc. Durant cette période parfois ingrate, c'est une fenêtre sur la suite, ce qui fait envie, sur tous ces vieux salauds de bien 22 ou 23 ans, qui se la racontent et sortent avec les belles pépés de 17/18 ans qu'on reluque avec concupiscence. Mais je m'égare...
La famille, les Wicke, possède deux caisses, dont une énorme Pontiac break, décorée sur les côtés de panneaux en simili bois du plus bel effet retro-kitsch. Scott la surnomme, avec son accent chantant, le "bateau". Le confort est américain, débordant de gadgets, d'équipements, dont un "booming system" à la pointe.
Le single de Depeche Monde "Personal Jesus" tourne déjà depuis quelque temps en radio. Il annonce l'évolution du groupe, sa sortie progressive des années 80. La fin du côté minet/ new wave/ son Bontempi et boite à rythmes de pacotille. Fan de "Music for the Masses", je me rue dès la sortie acheter la cassette qui ne quittera pas la voiture de tout le séjour, quitte à saouler mon rouquin de corress... L'album est sombre, mystérieux, avec un je-ne-sais-quoi de langoureux... A mesure que nous faisons, Scott et moi, nos innocentes rondes nocturnes, la cassette tourne en boucle.
Le faisceau lumineux des phares éclaire par bribes cette banlieue, sous l'emprise presque hypnothique de "Violator". Dans ce bout d'amérique chic, la bande son du voyage d'un ado de la banlieue parisienne est fournie par le mal être, les hésitations religio-sessuelles d'un groupe issu d'une grise province anglaise. La musique est universelle...
La production de l'album est fouillée, restituée par les enceintes hi-fi de la voiture. "World In My Eyes", "Enjoy The Silence"... aux conversations suivent des silences... "There's a pain, a famine in your heart, an aching to be free" chante Gahan sur "Halo". J'entends les mots, les comprends un par un mais pas dans leur globalité. Ils s'agglomérent en écheveaux complexes, forts, qui résonnent en moi.
La voix de Dave Gahan, gutturale et suave emplit la voiture. Les synthés sont ciselés, précis. Aux néons des centres commerciaux et autres Mc Do succèdent des parcelles de nuit profonde, loin des lueurs de la ville. On roule, on devise. La France, les Français, les filles, les voitures, l'avenir... Des soucis, des envies d'ados. "Waiting For The Night", onirique, la voix de Martin Gore tierce celle de Gahan à la perfection. "Policy Of Truth", le gimmick du synthé accompagne un groove entêtant et dépouillé. Et toujours ces deux voix à l'unisson...
L'année suivante, me parfumant soudain de jouer de la guitare, alors que je gratouille à peine, je tourne subitement le dos à Depeche Mode sous le pretexte d'un manque de "vrais musiciens", de "vrais" instruments. Plaquant tout juste trois accords, je soutiens mordicus que ne pas jouer avec une saturation et un mur d'amplis est un faux-pas honteux. Il me faudra quelques années pour surmonter ces conceptions pseudo-snobinardes sur ce qui constitue ou pas la "vraie" ou la "bonne" musique. Plus de 15 ans après sa sortie, "Violator" est solidement ancré dans mon panthéon perso, mon top 5. Le fameux top 5 de l'île déserte. Il accompagne toujours de nombreux moments, qui me replongent parfois à Beverley, Massachusetts, en 1989.
Bon, le concept de cette nouvelle série venant d’être précisé avec force détails, je ne perds pas plus de temps : place au premier morceau, qui se trouve, tant qu’à faire, être aussi mon premier souvenir musical…
Je suis installé là, tranquille, plongé dans la lecture forcément passionnante d’un bon vieux Bibliothèque Rose, en l’occurrence un des bouquins de la série Poly (en 2 mots, pour ceux qui n’auraient pas eu la chance de connaître…Il s’agit des aventures gentillettes d’une sorte de poney polisson qui vit des aventures absolument débridées (!!!) avec des petits nenfants tout mignons…Comment ça, c’est carrément cul-cul ? Le premier qui ose répéter ça, il se mange une claque dans son gueule [à dire avec un accent portugais assez véhément, c’est plus drôle]…). Bref, je suis captivé, c’est génial…En plus et surtout, dans cet épisode, il est question d’un père que ses 2 enfants croyaient disparu et qui refait surface, à la faveur d’un suspense digne de Prison Break (à l’échelle de mes 6 ans, c’est à peu près ça…) ! Ta da !!!
Au moment où on est au summum du climax de THE scène des retrouvailles, il se trouve que résonne dans le salon de mes parents le morceau qui fait l’objet de cet article (ahhhh, enfin !) : The boxer, de Simon & Garfunkel…Je pense que vous aurez compris que, pour que je prenne du temps pour vous raconter tout ça, près de 30 ans plus tard, c’est qu’il s’est passé quelque chose, du genre quelque chose de fort…Eh bien oui, c’est tout juste l’émotion de la situation combinée très exactement à l’émotion nostalgique dégagée par cette chanson, qui m’ont occasionné une bouffée de quelque chose d’assez difficile à analyser à l’époque, cette réaction chimique étonnante, ce souvenir quasi intact, tant d’années après…
Evidemment, je ne vais pas essayer de vous convaincre que cette scène des retrouvailles à la Poly style était objectivement un monument d’émotion, en revanche j’ai plus d’arguments concernant la chanson : évidemment, ce n’est pas le texte qui m’a touché à l’époque, mais si on s’y arrête 2 secondes, l’histoire de ce gamin qui quitte son foyer pour trouver un petit boulot à New-York, qui se retrouve « In the quiet of the railway station, Running scared, laying low », avec uniquement les putes de la 7e avenue pour lui adresser la parole, et qui n’a rapidement de cesse que de rentrer chez lui, « Where the New York city winters aren't bleeding me, Leading me, Going home », cette histoire a une dimension nostalgique et un côté universel auxquels il est difficile de rester insensible…
Musicalement, ça enfonce le clou : à la délicatesse des arrangements acoustiques se rajoute ces harmonies vocales célestes (nous y voilà…) entre le petit brun rablé (Simon) et le grand rouquin dégingandé (Garfunkel), qui nous offrent une sorte de perfection vocale dans le genre, l’air de ne pas y toucher…Quant à la fin, là ça décolle carrément : on passe en mode mineur, sur des « Laï la laï, laï la laï, laï laï la laï » en boucle, agrémentés de bruits de tonnerre du meilleur effet (pourquoi ? mystère…). Si on ajoute à ça quelques cuivres, percus et cordes placés exactement où il faut et comment il faut, on a fait le tour d’un morceau patrimonial, du genre de ceux qui traversent les années/décennies/siècles et qui « parlent » aux gens, et notamment à moi, en ce jour de 1978…
derniers week-ends, alors que j’ambiançais du touriste sur les marches de Montmartre avec un certain Farouk (surnommé il y a longtemps par Shoo² « Le Roch Voisine pakistanais »…), qui est une sorte de vieux routier de l’endroit, qui connaît par cœur toutes ficelles du « métier », et notamment la façon de faire participer l’audience sur « The boxer » (on le voit d'ailleurs en pleine action sur la photo ci-contre)…Alors, ça consiste à séparer le public en 3 tranches : faire chanter à la 1e les « Laï la laï, laï la laï, laï laï la laï, laï la laï», à la 2e faire dire « Douf ! » (ça paraît pas évident comme ça, mais c’est sensé faire bruit de tonnerre…Si si !), et à la 3e « Tchhhhhhh !!! » (grosso modo, ça doit ressembler à des cymbales…A peu près…). Croyez-moi ou non, mais après un 1er essai en général infructueux, ça marche la 2e fois et l’effet est plutôt marrant, à défaut d’être saisissant…Tiens, d’ailleurs, vous qui êtes devant votre ordinateur, faites le test : chantez très exactement ceci : « Laï la laï, laï la laï, laï laï la laï, laï la laï / DOUF !!! / Tchhhhhhh !!!! »…On s’y croirait, non ? Non ?...
Amis Jbebs,
Le principe n’est pas follement original (d’ailleurs, Nick Hornby l’a développé avec beaucoup de talent et de style dans l’excellent « 31 songs »), mais peu importe, ce qui compte c'est de faire vivre le môôôle, comme le mec avec le fort accent bayonnais l'a très bien dit au début... Je compte sur vous pour rebondir et proposer à votre tour les morceaux qui vous ont parlé, à un moment ou un autre. D'ailleurs, au vu des fins connaisseurs de la chose musicale que nous avons là, je ne doute pas que ça ne va pas tarder à fuser...
Pour terminer, un petit teasing : la semaine prochaine, vous apprendrez que mon goût immodéré pour les tierces et autres harmonies vocales (je le rappelle, la tierce, c'est mon dada...) remonte à mes 5 ans, et n’est pas sans rapport avec la série « Bibliothèque Rose » Poly…Si, j’vous jure ! Un indice pour vous, en bas de votre écran: contrairement à ce que pourrait laisser penser l'image ci-contre, ça n'a rien à voir avec le groupe mancunien des frères Gallagher...C'est une fausse piste...

Extrait de presse qui m'a été envoyé par Serge Lamet, sous le titre “les conséquences de ta première émission”...
Montréal 18/09/2006 (AP)
Des propos controversés sur la sexualité au Liban et sur le plaisir de déféquer, ont coûté son poste au président du conseil d'administration de la radio-télévision publique Radio-Canada Guy Fournier.
"M. Fournier a perdu la confiance du nouveau gouvernement. J'informe la chambre que j'ai reçu sa démission", a annoncé mardi devant la Chambre des Communes, la ministre du Patrimoine, Bev Oda.
Auteur de plusieurs séries télévisées à succès, Guy Fournier, connu pour ses positions fédéralistes, avait été nommé en février 2005 à la tête du conseil d'administration de la radio et télévision publique canadienne.
Dans une récente édition du magazine people "7 jours", il affirmait qu'"au Liban, la loi permet aux hommes d'avoir des relations sexuelles avec des animaux à condition qu'il s'agisse de femelles!", mais que "faire la même chose avec des bêtes mâles peut entraîner la mort".
Ces déclarations avaient suscité un tollé au Québec, le quotidien La Presse évoquait l'affaire en première page la semaine dernière, soulignant que des membres de l'importante communauté d'origine libanaise avaient été choqués par ces propos dénués de tout fondement.
M. Fournier, qui dit bien connaître le Liban, s'est excusé publiquement de ses propos lors de la diffusion dimanche de la version québécoise de l'émission "Tout le monde en parle".
Mais il a aussi été pressé de questions sur d'autres déclarations dans lesquelles il faisait l'éloge de la défécation, un plaisir proche de l'orgasme, avait-il dit, alors que le chanteur Serge Lama, assis à ses côtés sur le plateau de la populaire émission, se tordait de rire. "
"Plus il se justifie, plus il s'enfonce", s'était esclaffé le chanteur français...
Le truc drôle, c'est que je suis tombé, totalement par hasard, sur cette émission, version québecoise de "Tout le monde en parle".
Attrait premier, en ce qui me concerne (d'habitude je vais peu sur les rares chaines Québecoises, où je ne comprends pas grand chose, contrairement à la télé américaine qui pillone à l'artillerie lourde...) la présence, en tant qu'invité d'Ardisson... et la curiosité de voir cette copie conforme de l'émission française. Même recette, mêmes chipstas sur le plateau, mêmes éclairages bleus, même interviews à thème, magnéto Serge ! Renseignement pris, il s'agissait là de la première de cette version canadienne de l'émission. D'où la présence d'Ardisson.
Serge Lama, bon... rien à signaler, vend sa soupe, son dernier cédé, sa dernière tournée, retrace ses succès... Ardisson fait le job, tout roule tranquille jusqu'à l'intervention de président du conseil d'administration.
Au Québec, le tutoiement est de rigueur, et l'interview décontractée.
Et le présentateur d'en rajouter des tonnes, jouant sur du velour, dans la veine Rocard "est ce que sucer c'est tromper". Il est tombé sur un client, parce que le Fournier en question (75 ans au compteur, à vue de nez) est en forme olympique en ce moment !
Et de retrouver l'interview sur le plaisir de la défécation, allons-y gaiement (et non gayment), interview pourtant diffusée sur une petite radio communautaire.
Question pseudo candide d'Ardisson, invité "mais quel genre de communauté alors "?
Le Baffie local (avé l'acceng') : mais la communauté des ceux qui aiment bien chier calisssssssssss !
(rires nourris, agricoles & grasseyants).
Le présentateur ouvre consciencieusement une bouteille de rouge et entreprend de servir un verre à tous les invités.
Ardisson, choqué, prenant Lama à partie : "Tu t'rends compte ! Dans ce pays on peut pas s'en griller une dans un resto mais on peut se prochetronner à l'antenne ! “
L'autre remet le nez du président du conseil d'administration dans son caca.(ça, c'est fait). Dans les cordes, et malgré toute sa bonhommie, le gaillard se défend et en remet une louche. (beuark). Se justifie, pédale dans la semoule. Pour tout dire, il est dans la merde (au temps pour moi)
A ce moment, Lama n'en peut plus... (voir l'article : “il s'enfonce !”)
Le Baffie local, justifiant son salaire : "vive Radio Cacanada !!"
Ardisson, profitant d'une telle gabegie, en virée chez les cousins (gentils mais un peu niais à l'entendre) se lance : "vive le Québec libre !"
C'est le ponpon !! Merci Thierry !!

comme le pire. Vous pouvez replonger dans les aventures sexuelles de charmant(e)s danois et danoises, naturistes insatiables baisant à l’air libre dans des films légers, vous pouvez vous commander l’intégrale des vieux pornos américains mettant en scène le légendaire John Holmes alias Johnny Wade ou encore Long Dong Silver (que l’on pourrait traduire par «Grand Sexe d’Argent», beau comme un titre de James Bande 00Sexe). Lui, la plus grande star que le X ait porté aux nues puis poussé dans les tréfonds de la déchéance humaine. Cet homme, que la nature avait généreusement gâté, bandait mou, irriguant dans la douleur son grand sexe, sous les regards éthérés de déesses blondes aux tabliers de forgerons généreusement fournies.

crier «Timber» comme les puissants bûcherons canadiens.
A genoux sur la moquette du combi, éclata au grand jour le talent d’un acteur sud-américain, toisant deux mètres, l’air toujours hilare, même en pleine action, le phénoménal Ramon.





Le temps prend son temps, mais ne suspend jamais son vol. Il prend ses aises, à l’aise. Insidieusement, il se glisse dans les rigoles d’une peau qui s’épaissit. Sans en avoir l’air, il connaît la chanson. Et par cœur il la chantonne sur les visages et sur les corps. Il sollicite les âmes, les cœurs. Il met à l’épreuve la ténacité, le bonheur et les rêves. Il allume des bougies. 33. Putain, l’âge du Christ. Des conneries tout ça. Comme la plupart, il a sûrement été flirter avec la nostalgie, mais pas longtemps. Juste un peu pour le bide. Et puis aujourd'hui, il se sent bien. Il aime et il est aimé. Sa vie est belle.
Un rossif birsdav au Maître de ces lieux !!!



Je ne sais comment est venue cette reflexion. Ou plutot, si : je longeais les pistes de l'aéroport « Tcharlzz deGoal » sur la nationale 2. Matinée lumineuse, le manteau neigeux fondant paisiblement sous les rayons du soleil hivernal. A l'exception de quelques gros culs dont c'est le terrain de jeu, la route est déserte. Qui irait se perdre à Villers Côterets un mardi matin du mois de février ?
Vue dégagée sur les gros porteurs en approche. Un ballet bien reglé, un défilé huilé. Des centaines de tonnes d'acier se posent comme des fleurs, toutes les minutes et demie..
Au moment où un 747 rutillant termine son approche et se pose en douceur, ce qui me frappe, c'est, non pas le tonnage et l'aspect physico-aéronautico-couscous, mais davantage la charge émotionnelle concentrée dans ce long courrier. La somme d'excitations, d'appréhensions, d'espoirs, d'attentes, de peurs, de bonheur, et, et, et... de statistiques à la con... Confinés dans cette carlingue pendant 15 heures, à 1000 kilomètres heure, des quidams n'ayant rien en commun. Fatigués, tendus, énervés, privés de sommeil... Bon, je pars demain, uniquement histoire de vérifier ces stats, mais a priori, ça doit donner, à vue de nez...
(inventaire à la Prévert, à compléter... pour qui qui n'en veut)
350 personnes.
7 couples en lune de miel
25 nationalités.
23 phobiques sous tranxen
13 couvertures volées
13 langues
6 religions
3 trous d'air
700 plateaux repas
25 baptisés de l'air
1 rock star
3 sacs à vomis "usagés"
2 traficants le bide plein de sachets d'héroïne
3 UM, unaccompanied Minor, avec 12 livres de coloriages chacun
22 hommes d'affaires prêt à signer des contrats d'une valeur cumulée de 200 millions d'euros.
15 routards
53 grilles de Sudoku noircies
1 truand en cavale
238 serrage de fesses au décollage
215 petits soulagements à l'atterrissage
1 flic en civil
6 expatriés
50 anxieux sous sédatifs
2 stewards enfermés dans la cabine « crew »
3 bébés en pleurs
105 passagers ne trouvant pas le sommeil
5 lourdingues reluquant l'hôtesse de façon lubrique
400 mignonettes d'alcool
5 passagers totalement dechenillés
8 personnes se rendant à un mariage
2 personnes se rendant à un enterrement
102 personnes sur le point de retrouver des proches
1 Francis Lalanne
130 touristes de retour de vacances et déprimés
5 chanceux assis juste devant les toilettes
100 touristes excités arrivant à destination

autre de Richard Marx (« Repeat offender », si je me souviens bien, tout émoustillé que j’étais par le tube lacrymal « Right here waiting »…Là, j’ai plus de mal à assumer…). A ça vient s’ajouter la soupe FM que sert Radio Contact (l’ancêtre briochine [de St Brieuc…] de NRJ, qui arrivera un peu après). Autant dire que je suis encore loin de la rock’n’roll attitude…
l’interprétez (le mot est même faible) de votre voix rocailleuse qui prend aux tripes, soutenu par un groupe où tout le monde est à sa place, où personne n’en fait des tonnes, entre harmonica, guitare acoustique et piano…D’ailleurs, pour vous montrer que je ne suis pas un « fan » au sens « fanatique » du terme, permettez-moi de vous dire que cette sobriété n’est pas ce qui vous a le plus caractérisé à certaines époques, mais j’y reviendrai un peu plus tard…
Born in the USA », promu comme quasi-hymne officiel par Reagan lui-même (qui n’avait dû lire que le titre), prétendait au contraire traiter des retombées psychologiques de la guerre du Vietnam…L’album « Born to run » (1975) avait déjà de quoi tromper tous ceux qui ne prenaient pas la peine de lire vos textes : ainsi, la chanson titre, sous des dehors d’hymne exalté, était en fait la chronique d’une jeunesse flouée, écrasée par des mythes inaccessibles (l’ « american dream », encore).
tte période des
années 80 que je préfère, trouvant les arrangements de votre groupe souvent pompiers, et votre look « Rambo » de l’époque, disons…discutable.
ace…J’ai encore pu le constater très récemment, alors que j’étais tombé, au hasard de téléchargements sur Shareaza (je sais, c’est pas bien), sur l’émission « Storytellers – VH1 », qui se trouve être ce que j’ai vu de plus fascinant depuis longtemps en matière d’émission musicale. Le concept est d’une simplicité biblique : pas d’animateur, un public respectueux qui ne joue pas aux otaries pavloviennes, et un songwriter confirmé vient jouer certains de ses morceaux en solo et surtout les expliquer (inspiration, contexte de l’époque, références, etc…). Autant dire que vous êtes le client idéal pour une émission de ce genre, et que vous voir reprendre en acoustique certain
s de vos hymnes des années 80 (« Thunder road », « Born to run », entre autres), tout en faisant preuve de pas mal d’auto-dérision sur certains textes de l’époque, eh bien ça m’a tout simplement scotché…