vendredi, septembre 16, 2005

Sus aux métros !

Un cabinet de comm', de consultants ambigüs des hydres multinationales l'a décidé. Le ton est péremptoire, définitif. Les prescripteurs de tendances et autres salisseurs de mémoire ont tranché pour vous. Un peu comme Capri, le métrosexuel, c'est fini. Enterré, basta. Caput.

Pour ceux qui auraient raté un épisode, le « métrosexuel » ne consiste pas à s'astiquer la nouille dans les wagons de la RATP. Ou à plotter les miches de sa voisine dans le Hérreuherre. Le métrosexuel vanté dans les colonnes des magazines, c'est l'image du jeune éphèbe au torse défolié, de l'hétéro sophistiqué qui adopte les postures gays, du macho man qui se plait à être oint de crème antirides tout en faisant reluire les ménagères.



Selon mes recherches, le mot fait le tour de la planète quand il est repris, en juin 2003, par Marian Salzman (soeur de gilbert ?) « chief strategy officer » à l'agence de publicité Euro RSCG Worldwide, à New York. Rien que le nom m'amuse.
Cette grosse dame contente d'elle récidive en récupérant une nouvelle théorie qu'elle souhaite imposer comme un nouveau diktät à toutes les rédactions : l'übersexuel. Ne pas confondre ici avec le « Lubersexuel », partouzeur de la région comprise entre Avignon et Saint Rémy de Provence.



Übersuxual :

« über » meaning 'above' in german also english translation is 'Very' or 'Super' which means that ubersexual would stand for Super-sexual/Very-sexual implying that the user is extremely horny.

Adjective "Damn Im feeling Ubersexual tonight!"

"Yeah i am Ubersexual..."

Übersexual :

El übersexual será el nuevo perfil masculino que atraerá a las mujeres: cuida su apariencia, pero sin competir en vanidad con las mujeres y con look de maduro

El hombre del Futuro es un libro que refleja al nuevo arquetipo masculino que parece estar desplazando al metrosexual.


Depuis quelques années, on se fait déjà beurrer la raie sur le thème : « Les Bobos, qui sont-ils ? Leur vie ? Leurs goûts... ». Les cabinets de comm', les publicitaires sortent des concepts pour ranger dans des petites boites les tendances qui font vendre. Ainsi du « soft porn » à l'Übersexuel, il n'y a qu'un pas. C'est du langage publicitaire prémaché, du concept en bouillie, y'a plus qu'à faire avaler aux masses. Et traduction à effet immédiat sur le terrain : pour lever des belettes, des cailles, plus la peine de se la jouer efféminé à la sexualité ambiguë. Marian Salzman a des envies : faites péter les féromones, ressortez le Brut de Fabergé, le Musc, la chaine en or sur moquette pectorale. Ressortez les 205 Gti, les mocassins à glands et les guiboles à la Loïc Amisse.

Y'en a que ces gesticulations n'effleurent même pas. Prenez le Blaise, dont la seule coquetterie est de se faire appeler "le Bernard" : paysan emblématique de Molphey, petit village bourguignon : vieux garçon dont le bleu de travail tient tout seul . Sa toile cirée est réputée au niveau local pour servir de base à 1 bon centimètre de crasse, sa douche n'a plus été visitée depuis les années 70 et sert de lit pour les poules. Si vous buvez un coup chez lui, ses verres semblent fumés et vous en ramassez autant avec le nez qu'avec une pelle. C'est concept, non ? On appelle ça comment alors ? Mettez-ça entre les mains de Marian Salzman, et peut être qu'elle vous sort un bon truc, vendeur, efficace, une nouvelle tendance.... "Bernardsexuel" ?
Jean Louis Membruz

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